‹ Abraham CowleyChapitre 128 sur 429 · APT · texte numérisé non relu

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LA RAT Tree

Mais elle a en nous-mêmes un ennemi redoutable, nos sens. Tandis qu’elle nous exalte, eux nous attirent vers le bas. Par les éléments affectifs de notre nature, nous sommes étroitement apparentés aux animaux 2, nous sommes condamnés à ‘vivre, comme eux, dans un monde d’apparences trompeuses; les passions nous empêchent d’être hommes dans l’acception la plus noble du terme 3.

Notre premier devoir est donc de travailler à faire disparaître autant qu’il est possible ces traces d’animalité. Cowley ne cesse de répéter : notre seul guide doit être la raison #, la raison est la voix de Dieu; qui est sourd à cette voix est fou 5. Abandonnonsnous sans réserve à son action, et nous pourrons vaincre les « puissances inférieures » qui nous entraînent vers le Mal6. Par raison, il est clair que Cowiley veut dire la faculté de comprendre opposée à la faculté de sentir, en somme l'intelligence.

La foi dans la vertu souveraine de l'intelligence, et sa contrepartie, la défiance de l’instinct et du sentiment, sont le pivot même de la pensée de Cowley. Nous les trouvons à la base de toutes ses théories particulières. L'éducation qu’il a reçue, tant à Westminster qu’à Cambridge, par l’appel qu’elle faisait à la réflexion, au raisonnement logique, était sans doute de nature à lui inspirer le respect des valeurs intellectuelles, mais ce respect est inné en lui; l'éducation n’a fait que renforcer un besoin profond e° spontané de son moi. D’instinct, quand il se trouve face à face avec un des problèmes de l’existence, c’est vers la raison qu'il se tourne pour lui demander la solution.

Cette attitude intellectuelle de Cowley devant la vie donne à sa pensée son unité, mais en même temps la limite : dès l’abord, elle lui ferme le monde des données primitives de la conscience, instincts et sentiments. S'il s’y montre sensible, ce sera comme à la dérobée, comme s’il était en faute.

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