Dav., I, notes 26 et 27, I, p
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que religieux. Il ne participe pas à l’exaltation fiévreuse de ses contemporains.
Son aversion pour la violence s'appuie d’ailleurs sur d’illustres exemples, et se confirme au contact de certains de ses contemporains. cn,
Des anglicans modérés tels que Hooker et l’évêque Andrews lui ont montré, par leur tolérance, l'humanité et la largeur d’esprit de leurs convictions, la voie de la sagesse en religion. Hooker surtout qui, dès 1594, fait de la raison le fondement de la foi, s’écriant : « La théologie, qu'est-ce, sinon la science des choses divines ? et quelle science peut-on atteindre sans l’aide du langage naturel et de la raison » 2?
Après eux, des esprits cultivés comme Donne, Herbert, se révoltent contre la virulence des controverses 3. Ils représentent la modération raisonnable qui coule, ainsi qu’un mince et calme filet d’eau pure, au milieu du flot trouble des querelles mi-politiques, mi-religieuses.
Cowley en a lui-même goûté la douceur à Trinity College, grâce à la religion éclairée, indulgente, du Master, Thomas Comber 4, et aussi, lorsqu'il est allé à Oxford, grâce au libéralisme de Lord Falkland et de son groupe. S'il n’a pas pu prendre part lui-même aux discussions théologiques auxquelles se livraient, souriants et sans âpreté, les hôtes de Falkland à Great Tew, il avait assurément connu et apprécié l’esprit qui y présidait, esprit de tolérance sereine qui contrastait si heureusement avec l’intransigeance et le fanatisme religieux du siècle. Il avait entendu parler de ce Dr. Sheldon qui mettait la vertu pratique au-dessus de la prière; de Chillingworth dont la grande œuvre, La Religion des Protestants, publiée en 1637, voulait réunir tous les protestants dans une religion accueillante où l’étude directe de la Bible formerait tout le dogme; de Hales, le Provost d’Eton, si attristé par les disputes nées de la religion, qu’il se déclarait prêt à abjurer l’anglicanisme s’il lui fallait croire que les chrétiens des autres églises
2, Cité par H. T. Bucxce. History of Civilization in England, L, p. 312. 3. Cf. A. C. Bezcinc. Religio Laici, pp. 60-64. 4. J, Bass MuzuGer. The University of Cambridge, vol, IT, p. 114.
seraient damnés. Cowley avait enfin entendu Falkland lui-même, plein de mépris pour le dogmatisme agressif, prêcher le droit et l’obligation pour chacun de se livrer à « une enquête rationnelle » sur sa propre foi, persuadé que le dogme de l’église d'Angleterre était assez vaste pour faire accueil à toutes les nuances d’opinion 5. Et il a dû sentir s’accroître, au contact de ces honnêtes gens, sa haine de l'intolérance.
A Cambridge même il a vu un mouvement d’inspiration semblable se dessiner. Joseph Mede 6, le premier, avait affirmé le devoir de l'indépendance intellectuelle et de l’impartialité. Lors du séjour de Cowley à Trinity, Henry More commence à proclamer au nom du Christ la nécessité de la tolérance, et à glorifier la raison humaine. Pour iui et pour les autres « Cambridge Platonists », les dogmes religieux se réduisent à un petit nombre d’actes de foi généraux, tels que la croyance à l’existence de Dieu, à l’immortalité de l’âme, à la nécessité de la vertu. Tous, ils manifestent une aspiration très noble vers un genre de vie en harmonie avec ces principes 7. Leur devise pourrait être : raison, modération, tolérance; c’est celle que pourrait aussi adopter Cowley.
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Nul doute que ses croyances religieuses n’aient été affectées par le commerce de tels esprits. Mais elles n’ont pas dû en être profondément modifiées. Cowley n’a aucune peine à rester anglican, et son orthodoxie est, en quelque sorte, instinctive.
Ecoutons le critiquer les deux rivaux de l’église établie : le catholicisme et le puritanisme. Ce sont pour lui des extrêmes qui se rejoignent par bien des côtés, et dont les excès procèdent du même état d'esprit 8. A l’église catholique romaine il reproche ses subtilités hypocrites et son orgueil. Au cours des siècles, elle a accumulé superstitions puériles et vaines complications, sous
5. J. À. F. Marriott. The Life and Times of Lucius Cary, Viscount Falkland, pp. 98, 108, 112 et 118.
6. Mort en 1638. Cf. J. H. B. MasrerMax. The Age of Milton, p. 219.