The Extasie, I, p
37. Cf. The Garden, st. 9, II, p. 426; et la note 2 de la strophe 3 de l’ode : The 34 chapter of the Prophet Isaïah, 1, p. 216.
Cowley nous apparaît donc comme un anglican orthodoxe, avec un penchant marqué au latitudinarisme. Sa religion est pondérée, bourgeoise, peut-on dire, mais ses sentiments LA ne ‘sont pas médiocres. Leur modération n’exclut pas la profoñdeur. Ils sont d’abord d’une entière sincérité. Cowley croit aussi ardemment que Crashaw, avec cette différence que sa foi, au lieu de se traduire en accents passionnés, revêt le caractère d’une conviction intellectuelle. Ils nous frappent ensuite par leur nouveauté : leur modération même est hardie. Après des siècles de dogmatisme, il prêche l’humilité devant le mystère; après les débauches de la scolastique, l’exercice modéré de la raison. Par dessus tout, au nom de la raison et de la faiblesse humaine, il réclame la tolérance. Il faut se replacer dans ce dix-septième siècle tout frémissant de luttes religieuses fanatiques, pour comprendre ce qu’il fallait d’élévation, de largeur d’esprit et aussi de courage pour ériger ouvertement en principe la liberté de conscience. Chez les puritains, un latitudinaire comme Baxter était une exception 38, et la tolérance n’était guère plus répandue dans le camp adverse. Aussi est-ce tout à l’honneur de Cowley d’avoir su se ranger aux côtés d'hommes tels que Henry More, ou Lord Falkland que Matthew Arnold devait célébrer comme le martyr de « Sweetness ani Light » 39. [| fait partie de cette avant-garde de penseurs éclairés qui veulent s'affranchir des chaînes du passé, avec eux il lutte contre l’intransigeance héritée du Moyen Age. Par sa confiance dans la dignité humaine, son appel à la raison, il prépare la venue du rationalisme religieux du dix-huitième siècle.
A maintes reprises, nous le trouverons tourné ainsi vers l’avenir, sensible au progrès, faisant siennes les idées nouvelles, mais portant toujours à les soutenir la même modération.
38. Cf. J. M. Lioyp THomas. The autobiography of Richard Baxter…., pp. 27
et 29, et l’analyse de ce livre par P. JANELLE (Revue Anglo-Américaine, avril 1927).