‹ Abraham CowleyChapitre 144 sur 429 · A Wish, I, p · texte numérisé non relu

A Wish, I, p

Vous pouvez y voir que, même alors, je connaissais les poètes, car la conclusion est tirée d’Horace; et peut-être est-ce mon amour hâtif et excessif pour eux qui imprima ou plutôt grava en moi ces Carac-

tères 24, +

Par « poètes », il entend les poètes latins, Virgile et Horace surtout, que ses maîtres de Westminster lui avaient appris à aimer et à comprendre, et dont il adopte la doctrine avec ferveur. De sa vénération pour eux, il a laissé d’autres preuves que Sun Vœu. Vers le même temps, en effet, il s’essaye à composer des odes à la manière d’Horace, chante après lui le bonheur de la pauvreté honorable, d’une existence simple et honnête, et réfléchit à l’inconstance de la fortune, à la brièveté de la vie humaine 25.

Imitations, sans doute, que ces premiers poèmes, mais où éclate l’entière sincérité de Cowley. Ce ne sont pas de simples pastiches. L'idéal de vie paisible et laborieuse qu’il exalte en paraphrasant Horace est bien le sien. Il répond aux instincts profonds de sa nature sérieuse, méditative, volontiers un peu effacée; c’est pourquoi il y donne une si complète adhésion. Son acceptation de la philosophie des « poètes » a pour origine la perception confuse de ses besoins vitaux. Evidemment, au début, il n’en pénètre pas toute la portée : le doux et vertueux épicurisme dont il rêve est extérieur. Il est séduit par le cadre matériel de la sagesse, plutôt que par la sagesse elle-même. Mais, à mesure qu’il avance en âge, il découvre la profondeur de cette souriante philosophie, sa valeur humaine. La conscience qu’il acquiert des vrais besoins de sa nature, des affinités qui l’unissent à Virgile, à Horace, à Martial, enfin son expérience de la vie, le confirment dans son choix initial 26.

Il est donc à peine possible de parler ici d'évolution. Nous retrouvons chez l’homme mûr les opinions du jeune homme. Cependant la philosophie de son Vœu ne rend pas le même son que celle des Essais. A l’intérieur des mêmes idées, il y a eu chan-

24, Of Myself, II, p. 467, 1. 17.

25. That a pleasant Poverty is to be preferred before discontented Riches, I, p. 60. On the Uncertainty of Fortune.…., Il, p. 62. Upon the Shortnesse of Mans life, II, p. 65.

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