Ode. Upon Liberty, st. 4 (IL, p
…… [f a Groom serve a Gentleman in his chamber, that Gentleman a Lord, and that Lord a Prince; the Groom, the Gentleman, and the Lord, are as much servants one as the other : the circumstantial difference of the one getting only his Bread and Wages, the second a plentiful, and the third a superfluous estate, is no more intrinsical to this matter then the difference between a plain, a rich and gaudy Livery 39.
Mais bien peu d'hommes sont ainsi maîtres de leur temps et de leurs actes. Du haut en bas de l’échelle sociale, nous ne trouvons que des degrés divers de servitude. Les pauvres gens, obligés de peiner tout le jour pour amasser de quoi vivre, sont les esclaves de leur corps 4. Les nobles, les riches, les puissants sont plus esclaves encore. La société sur laquelle ils ont l’air de régner les enchaîne par mille liens. La couronne est souvent un fardeau que les princes secouent volontiers 41.
Suivez un personnage haut placé, toute une journée : vous le verrez subir une succession ininterrompue d'obligations fastidieuses 42. Sans doute, il les considère comme la contre-partie inévitable de sa gloire, mais il devrait y voir surtout l’impossibilité de vivre pour lui-même. Il n’existe que pour les autres. Et la richesse, qui accompagne le plus souvent la grandeur, n’est pas davantage un bienfait. Bien au contraire, la tyrannie de l’or est un des fléaux qui accablent l’humanité 43.
A cet esclavage extérieur, s’en ajoute un autre, plus terrible parce qu’il s’attaque à l’âme même. La vie de société, en effet, favorise, au point de le rendre à peu près inévitable, le développement des passions. L’homme qui recherche le pouvoir succombe à l’ambition; celui qui vise à la fortune devient victime de l’avarice; s’il fait du plaisir le but de sa vie, il tombe en proie à la volupté, passions d’autant plus dangereuses qu’elles se parent de dehors éclatants. Mais sous ces apparences brillantes, que de bassesses et de turpitudes se dissimulent. Chacun à sa manière, l’ambitieux, l’avare, le voluptueux, avilissent leur âme et s’abaissent au niveau des bêtes.
La vie de société est donc une cause naturelle de malheur.