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tune que du jour où il a cessé de l'être. Qu'il le redevienne donc,
qu’il retourne à la vie primitive, fruste peut-être et pauvre, mais innocente 48.
Dans la solitude, n’obéissant plus à d’autres contraintes que celles dictées par la raison, « loin des joies futiles de la terre et de ses vains labeurs » 49, il peut vivre à sa guise, méditer et arriver à se connaître. Le calme ambiant agit sur son âme, et celle-ci trouve enfin le repos. Son intelligence participe aussi à ces bienfaits: elle gagne en profondeur et en acuité, car rien ne la détourne plus de son objet 50. Aïnsi, l’homme voit sa personnalité
s'épanouir harmonieusement, et, se connaissant, il atteint la
liberté entière: il n’est pas plus esclave de lui-même qu’il ne l’est des autres. Par sa vie et ses pensées, il passe véritablement du domaine des hommes dans celui de Dieu 51.
Notons que le thème de la solitude est un lieu commun de la littérature du temps. Elle trouve, certes, un chantre convaincu dans La Fontaine. Mais si un Saint-Amant, un Saint-Evremond la célèbrent aussi, n’est-ce pas parce qu’il est de bon ton de penser comme Virgile et Horace? En Angleterre même, nombreux sont les poètes qui exaltent, avec des degrés variables de sincérité, les charmes de la vie rurale, de Thomas Lodge et William Drummond à Philip Ayres, Charles Cotton et John Norris, en passant par Francis Beaumont, Henry Vaughan et l’amie de Cowley Katherine Philips 52. Mais Cowley ne suit pas la mode. L’exemple
48. Of Solitude, st. 7 (IL, p. 396). Cf. aussi The Given Love, v. 27; The Garden, st. 3, v. 9 (I, p. 69 et II, p. 423).