T. C. Nogre. Op. cit., p
42. S. Pepys. Diary, 23 avril 1668; cité par NoBLE. Op. cit. p:163. 43. NoBLE. Op. cit., p. 47.
Ainsi Abraham grandit en plein Londres, au milieu d’une population énergique, affairée et bruyante.
Elle entend jouer son rôle, cette bourgeoisie de la Cité, dire son mot dans la vie de la nation, car elle a conscience de la force que lui donnent sa position dans la capitale de l'Angleterre et sa richesse. Dans jies boutiques et les tavernes, partout où l’on peut se réunir, on s’occupe de politique. Naturellement, les sympathies vont au Parlement plutôt qu’au roi et à la cour. Sans
doute on est loyal envers la personne même du souverain, mais
on déteste les favoris, les courtisans, on les accuse de vouloir, au mépris des droits de la nation, transformer-les justes prérogatives de la couronne en despotisme absolu, et l’on se tourne vers Westminster où les représentants du peuple mènent le bon combat pour les libertés héréditaires. Ces commerçants, patrons et apprentis, sont des républicains sans le savoir, résolus à se défendre, au besoin par la force, contre les empiètements du pouvoir. Les apprentis surtout, qui comprenaent toute la jeunesse, ont un sentiment très vif de la solidarité, et les émeutes qu’ils occasionnent sont fréquentes. Leur cri de ralliement « Au gourdin, au gourdin » (Clubs, Clubs), indiquant qu’un des leurs est en danger, vide immédiatement les boutiques, et tous se précipitent, leur arme favorite en main, vers le lieu du combat.
Aucun problème n’est étranger à ces bourgeois actifs, et ils se passionnent même pour les questions de politique extérieure. Ainsi, ils désapprouvent vivement les projets d’alliance de Jacques I‘ et de Buckingham avec l'Espagne, l'ennemi séculaire, le meilleur soldat du papisme détesté, et lorsque, en 1621, l’ambassadeur Gondomar se rend solennellement au palais de Saint- James, ils l’assaillent de railleries et d'insultes. Trois apprentis sont arrêtés et condamnés à être fouettés sur la place publique. A l’heure fixée, leurs camarades se réunissent au nombre de trois cents et les arrachent à leurs gardes dès que le cortège s’aventure dans la rue 44.
A mesure que la tyrannie de Buckingham augmente, l’effervescence croît dans le quartier, et c’est de Fleet Street que Felton