Cf. The Garden, st. 9 (II, p
75. Notons, en effet, que jamais il ne s’est éloigné de Londres : la proxi-
mité de la ville semble avoir été indispensable pour lui.
demi: nous ne concevons qu’avec peine la passion classique, nous
n’y verrions volontiers que froideur. Cowley aime la nature en classique, sereinement; cela ne veut pas dire faiblement,
Dans ce cadre champêtre, libres de méditer, seuls ou en compagnie de livres et d'amis choisis, nous pouvons atteindre le bonheur. Nous trouvons aiors l’existence infiniment trop brève. Tandis que les sots se lamentent sur la longueur des jours, nous voudrions ne les voir jamais finir. « O vita, stulto longa, sapienti brevis », s’écrie Cowley, adaptant à son dessein, avec une liberté caractéristique, la maxime bien différente de Publius Syrus : « O vita misero longa, felici brevis » 76. La vie ressemble à un poème harmonieusement composé : une partie est consacrée au labeur, l’autre à la jouissance des fruits de ce labeur 77. Aucun vide ne reste où puisse se glisser l’ennui, car les courts instants qui nous sont accordés sont trop précieux pour être gaspillés. Pas une heure n’est gâchée en tentatives démesurées : |
Be prudent, and the shore in prospect keep, In a weak Boat trust not the deep,
recommande Cowley 78. La vie du sage est un chef-d'œuvre d’équilibre, et cet équilibre naît de la modération.
Much will always wanting be,
To him who much desires. Thrice happy He To whom the wise indulgency of Heaven, With sparing hand, but just enough has given 79.
Que la vie matérielle sous sa forme la plus simple lui soit assurée, et il trouve en lui-même assez de richesses pour être heureux. Il se met ainsi à l’abri, autant qu’on peut l'être, des coups de la fortune, derrière : Ë