Cf. NETHERCOT. Article cité, p
87. Le De Vita, moribus et doctrina Epicuri paraît en 1647, les Animadversiones in librum X, D. Laertii et le Syntagma philosophiae Epicuri, en 1649; ces traités ont un grand rententissement dans le monde des lettres qu? Cowley fréquentait à l’époque. En 1658, la publication du Syntagma philosophicum a révélé l’ensemble de sa philosophie. Pour Gassendi, comme pour Cowley, la morale est « l’art de passer heureusement la vie » et le bonheur, « un état dans lequel on soit aussi bien qu’il est possible... et dans lequel on puisse, par conséquent, passer la vie doucement, tranquillement et cons-
Parmi les disciples de Gassendi, un de ceux que Cowley a süûrement rencontrés, tant en France, avant la Restauration, qu'après 1661 en Angleterre, est Saint-Evremond. Ses réflexions sur la retraite, sur l’amitié, sur la modération, rappellent les Essais par leur matière et par leur ton 88. Ainsi, pour consoler le comte d'Olonne de sa disgrâce, il lui donne les recettes du bonheur, lui conseillant de s’entourer d’amis agréables, de livres réconfortants, et de bien vivre, mais sans excès d’aucune sorte :
Accommodez autant qu’il vous sera possible votre goût à votre santé : c’est un grand secret de pouvoir concilier l’agréable et le nécessaire en deux choses qui ont été presque toujours opposées 89,
À la duchesse de Mazarin, il écrit sur l’amitié :
J'ai toujours admiré la morale d’Epicure et je n’estime rien tant de sa morale, que la préférence qu’il donne à l’amitié sur toutes les autres vertus..., l’amitié est l'ouvrage de la nature.., les plaisirs ne sont plus des plaisirs dès qu’ils ne sont pas communiqués... 90.
Et le portrait qu'il trace de lui-même exprime, pour ainsi dire mot-à-mot, l’idéal de Cowley 91.
Leurs doctrines ne se confondent cependant pas. Les épicuriens français du dix-septième siècle sont des sceptiques et des libertins. À la suite de Montaigne, ils abandonnent le respect qu’Epicure recommandait d’avoir pour la religion établie. Ils sont nettement irréligieux. D’autre part, ce sont des mondains. Saint- Evremond aime la vie de cour et ne chante les charmes de la retraite qu’à ceux qui y sont condamnés, aux exilés et aux vieillards. La vie de société est pour lui pleine d’attrait, et une pas-
tamment ». Une des conditions du bonheur est de ne pas envier ce que nous n’avons pas, une autre, de vivre dans la solitude, une autre encore, de s’habituer à l’idée de la mort pour ne pas s’en effrayer.… Jouissons du présent. La richesse et la grandeur ne nous servent de rien : « Que c’est être riche que de se contenter du nécessaire ! » (Cf. F. BERNIER. Abrégé de la philosophie de Gassendi.…, pp. 8, 16, 21, 24 et 235...).
88. SaiNT-EVREMOND. Œuvres, éd. 1706, II, p. 316: TE pp bhhet0277: