‹ Abraham CowleyChapitre 164 sur 429 · À Vote, st. 5\(II, p · texte numérisé non relu

À Vote, st. 5\(II, p

5. On the Death of Sir Henry Wootton (I, p. 20). To the Lord Falkianda.…. ({, p. 19). Ode. Upon Occasion of a copy of verses of my Lord Broghills (II, p. 406).

quels joyaux dont la valeur réside dans la coutume et l’imagination ». L’un vaut l’autre 6.

Oserons-nous conclure que, pour Cowley, tous les hommes sont égaux ? Il semble bien considérer comme sans importance les distinctions sociales et leur substituer les valeurs d'intelligence. Mais la hardiesse de cette opinion se cache sous les dehors d’un profond respect. Sa condition de poète pauvre, à la merci de protecteurs puissants ou riches, lui interdit toute audace. Ce n’est que par éclairs rapides que se dévoile sa pensée.

Il n’est, du reste, assurément pas démocrate. A plusieurs reprises il a exprimé son mépris pour le peuple; non parce qu’il se trouve en bas de l’échelle sociale, mais à cause de son infériorité intellectuelle. Absorbé par les préoccupations matérielles, il n’a pas le loisir de penser 7. Il ne sait pas réfléchir, il ignore les lois de la logique, et agit impulsivement. Ainsi, « il n'attend jamais d’avoir une raison pour croire quelque chose » 8. Cowley n’emploie pour le nommer que des appellations dédaigneuses : « La voix du vulgaire malhabile », « la populace aux multiples têtes »9. Il va même, dans son mépris, jusqu’à l’assimiler aux animaux : « Je mourrai comme les bêtes ou le commun des hommes », s’écrie-t-il 10, Et nous pouvons être certains que l’expression ne dépasse pas de beaucoup sa pensée, quand nous nous rappelons que pour lui l’homme ne mérite son nom et son rang dans la nature que dans la mesure où il sait user de sa raison.

Cowley condamne le peuple, comme il condamne l'aristocratie, parce qu'il n’y trouve pas le respect de l'intelligence. Les grands pèchent par frivolité, le vulgaire par impuissance. Mais il existe entre ces deux extrêmes une classe moyenne, la bourgeoisie, et c’est à elle, semble-t-il, que Cowley réserve sa sympathie et son estime. À vrai dire, il n’en parle que bien rarement, mais son mutisme s'explique : rappelons-nous que la bourgeoisie est la

Of Liberty (II, p. 283, 1. 1...).

Of Solitude (II, p. 394; I, p. 34).

Dav., IL, n. 38 (I, p. 358). Cf. aussi IV, v. 412 (p. 375).

Dav., IV, v. 145 (p. 368). À poem on the Civil War, v. 140 (II, p. 470). 10. The Motto (I, p. 15). James Beattie protestera avec indignation contre le mépris orgueilleux que Cowley manifeste ici pour le peuple (Essays. On

Poetry and Music, 1776, p. 367).

PL

classe prosaïque par excellence; un poète ne peut la chanter sans déchoir, et un auteur comique se doit de la tourner en ridicule. La tradition de satire dirige Cowley dans ses comédies, la tradition de silence le lie dans toute son œuvre poétique. Une de ses poésies cependant, celle qu’il dédie à son parrain, célèbre dans la personne du mystérieux A. B. la Cité qui lui a donné le jour, et la classe à laquelle il appartient. Ce qu’il estime dans ce représentant de la bourgeoisie londonienne, ce sont les qualités solides, la haute moralité, l’honorabilité parfaite 11. Les bourgeois représentent l’élément sérieux, raisonnable de la nation. Par leur activité, ils font la richesse du pays; la prospérité anglaise vient, nous dit-il lui-même, du commerce de la Cité 12. Enfin, preuve indirecte de ses préférences pour la classe moyenne, Cowley affirme que c’est la catégorie sociale au sein de laquelle se trouvent réunies les plus grandes chances de bonheur. L’état de bourgeois lui semble le plus enviable.

Il est d’ailleurs très naturel qu'il place au-dessus des autres la classe à laquelle il appartient si complètement. Bourgeois de tempérament et de goût, il trouve en lui-même la raison de ses préférences sociales.

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