CHAPITRE V à
L'’effort humain, affirme Cowley, peut se porter dans deux directions : vers la connaissance de Dieu, ou vers la connaissance du monde qu’il a créé. La première est la théologie; l’autre, « la philosophie naturelle ». Celle-ci se subdivise à son tour, selon que l’on étudie la « création immédiate », c’est-à-dire la nature, ou la « création médiate », l’œuvre de l’homme. A cette dernière catégorie appartiennent tous les arts utiles à la vie humaine. Parmi eux, on distingue ceux qui sortent pour ainsi dire de l’homme même : grammaire, logique, rhétorique, politique, et les arts « mixtes », par lesquels l’homme organise et utilise pour ses fins la création 1.
De cette classification du savoir humain, évidemment inspirée de Bacon par la ligne de démarcation qu’elle trace entre la théologie et toutes les autres branches, comme par la conception utilitaire de la science (ces « arts mixtes » représentent dans l'esprit de Cowley les améliorations que la recherche scientifique peut apporter à l’existence, beaucoup plus qu’à la connaissance désintéressée), l’Université, ajoute notre auteur, n’a retenu qu’un petit nombre d’aspects. Héritière de la méthode scolastique, elle a développé d’une manière aussi complète que possible la théologie, qui n’a pour base que la parole divine et par conséquent n’exige