‹ Abraham CowleyChapitre 180 sur 429 · To the Royal Society, st. 2 (I, p · texte numérisé non relu

To the Royal Society, st. 2 (I, p

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ait, lui, pu parachever son système ; il est resté, comme Moïse, en vue de la Terre Promise. Il a libéré la science esclave en mettant en déroute le tyran Autorité, et il l’a guidée à travers les déserts stériles vers la terre d’abondance et des riches moissons, sans l’atteindre lui-même.

Ainsi Cowley se range résolument parmi les partisans du mouvement philosophique et scientifique alors connu sous le nom de « new learning ». Comme dans les autres domaines, il fait siennes les théories avancées, et mène le bon combat contre le respect irraisonné de la tradition. Après l’avoir trouvé, aux côtés de Falkland et de son groupe, réclamant la tolérance religieuse et la modération politique, nous ne sommes pas étonnés de le voir affirmer, à la suite de Bacon, de Harvey, de Hobbes les principes nouveaux d’où sortira la science moderne. Aux jongleries métaphysiques et aux joutes oratoires de l’enseignement scolastique, il oppose le devoir d'investigation rationnelle du monde, et la nécessité de ne jamais perdre de vue l’humble réalité quotidienne.

De ce dernier trait, de ce que nous avons pu appeler son utilitarisme, il a donné une preuve manifeste dans sa Proposition pour le progrès de la philosophie expérimentale. La science telle qu'il la comprend doit, avant tout, permettre d'utiliser pour nos fins le monde au centre duquel Dieu nous a placés; tirer profit de la nature vaut mieux encore que la connaître 14. Or, déclare Cowley, pour explorer d’une manière efficace le vaste domaine que la nature offre à la science, l’efort isolé ne suffit pas, l’union entre les savants est nécessaire. La constitution médiévale des Universités interdit d'espérer qu’un développement semblable à celui des autres matières puisse y être donné à l’étude objective de la création. Il faudrait donc créer un collège spécial, organisé dans l’ensemble sur le modèle existant à Oxford et à Cambridge, mais adapté au but à atteindre 15.

14. « The inquisition into the nature of God’s Creatures », n’est que la préface de l’œuvre essentielle : « The application of them to humane uses » (A Proposition, II, p. 246, I. 3...).

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