À Proposition (II, p
23. I1 n’est pas sans intérêt de noter qu’un mouvement parallèle se dessine en France à la même époque. Une « Assemblée de physiciens » s’organise à Paris, chez M. de Montmor, en 1657. Comme à Gresham Coliege, les savants sont invités à écouter des conférences et à prendre part aux débats que ces conférences suggèrent. Et une des premières règles que l’on y adopte, c’est « que le but de ces conférences ne sera point le vain exercice de l'esprit à des subtilités inutiles; mais qu’on se proposera toujours la plus claire connaissance des œuvres de Dieu et l’avancement des commodités de la vie dans les Arts et les Sciences qui servent à les mieux établir ». Nous avons déjà trouvé, chez Cowley, ce désir d’une connaissance précise et utile du monde. Sans doute s’agit-il ici d’un de ces mouvements généraux des esprits, unanimes et simultanés, où on ne saurait démêler d’influernces précises. Il est curieux, toutefois, que cette relation soit contenue dans une lettre de Sorbière à Hobbes (Histoire de l’Académie Française, par PELLISSON et D'OLIVET, avec une introduction, des éclaircissements et notes par M. Ch.-L. Liver, Paris, 1858, 2 vol. I, p. 520). Cowley n’y a-t-il pas puisé tout au moins un encouragement de plus ?
publiés avant celui de Cowley. Nous en connaissons trois : ceux de Hartlib, de Speed et d'Evelyn.
Le désir d'accroître la richesse nationale par l’exploitalion plus méthodique de ses ressources amène Samuel Hartlib à traiter, dans toute une série d'ouvrages, de questions pratiques d'agriculture. En particulier, dans son Essai pour le développement de la science de l'agriculture, ou, Proposition pour l'édification d’un coilège d'agriculture, il demande que l’on édifie un collège ou une Société d'agriculture, « où les uns pourraient enseigner, les autres apprendre, et tous pratiquer l’ensemble et chaque partie de cet art si honorable. » #4. Cowley s’est peut être inspiré de ce projet; en tout cas, il rend hommage à l’œuvre de Hartlib en le considérant comme le type de professeur qu'il souhaiterait voir enseigner dans son collège 25.
L'intérêt pour la prospérité agraire de l’ Angleterre se manifeste encore dans des œuvres comme celle d’un certain Adoiïiphus Speed, qui, en 1659, sous le titre d'Adam chassé de l'Éden, ou, résumé de diverses expériences excellentes touchant le développement de l’agriculture, conseille, par exemple, de planter des arbres, et montre les bénéfices que l’on en retire 2. Cette idée sera reprise par l’ami intime de Cowley, Evelyn, l’auteur de l’Almanach du jardinier, dont le livre Sylva, ou discours sur les arbres forestiers est accueilli avec enthousiasme par le public 27.
Lorsque Cowley s'intéresse à l’agriculture il répond donc à une aspiration de son temps, et il a le mérite non seulement de percevoir cette aspiration et de l’apprécier à sa juste valeur, mais encore de la présenter avec une fermeté de lignes, une allure rationnelle, qui font que son projet est nettement supérieur à tout ce qui avait été publié avant lui sur la question. Nous y trouvons donc une preuve de plus de son habiieté à exprimer les tendances de son époque d’une manière particulièrement précise et pratique.
24. S. HarTzis. An Essay for the advancement of Husbandry-learning; or, Proposition for the erecting a Colledge of Husbandry.…., p. 4.