Of Agriculture (II, p
26. Adolphus SPeen. Adam out of Eden, or an abstract of Divers excellent experiments touching the Advancement of husbandry-learning...
27. J. Even. Kalendarium Hortense: or the Gard’ners Almanac...; et Sylva or a Discourse of Forest Trees and the propagation of Timber in his Majesties Dominions...
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Ainsi Cowley, nous apparaît, à {ous égards, comme un adepte fervent de la nouvelle science. Il lui a donné des gages précis de Son attachement, et sa contribution personnelle, sinon à la science elle-même, du moins aux travaux d'approche d’où elle devait sortir, est loin d’être négligeable. II ne lui a pas seulement prêté l’appui de son nom, il l’a aidée d’une manière efficace à sortir du stade des tâtonnements et des essais timides.
Et son rôle mérite d'autant plus de retenir notre attention qu’il n'a lui-même rien d’un savant. C’est un poète, un critique, un moraliste, mais sa vie ne le prépare aucunement à s'occuper de questions scientifiques. Il est bien remarquable que, lorsqu'il se lance dans l’étude de la médecine, vers 1655, au moment où il avait l’occasion de prouver ses qualités d'homme de science, il réussit seulement à chanter en vers, et en vers latins tout pénétrés de souvenirs classiques et mythologiques, les vertus des simples. Ïl représente donc éminemment ce type curieux de la Restauration: amateur de science. Il montre l’irrésistible attrait qu’exerce la recherche précise, le culte du fait, sur ces hommes épris de raison et de vérité, désireux avant tout de comprendre, de se rendre compte. Il nous permet de saisir sur le vif la raison profonde qui fait que, lorsque la Société Royale se fonde, figurent à côté d’une minorité de savants véritables, anciens membres du « Collège Invisible », comme Robert Boyle, Scarborough, Wallis, Petty, C. Wren, des bourgeois comme Evelyn ou Pepys, des poètes comme Denham, Waller, Dryden, des hommes d'église comme Sprat, Wilkins, Seth Ward, et bientôt Glanvill, sans parler des gentilshommes et des grands seigneurs. Il prouve la vérité de cette affirmation par laquelle Sprat conclut la première partie de son Histoire de la Société Royale :
I1 y a maintenant un désir et un appétit universels pour la science,
pour une science paisible, profitable et nourrissante, et non pas pour celle des sectes anciennes qui donnaient seulement des arguments diffi-
ciles et indigestes.…. 28.
28. L'Histoire de la Société Royale de Londres, establie pour l’enrichissement de la Science Naturelle, escrite en Anglois par Thomas Sprat et traduite en François. Genève, 1669, p. 155.
Sans doute, à partir du moment où le roi accorde sa faveur à la Société, la science devient à la mode, et la foule d'hommes de qualité qui s’y fait admettre témoigne du succès mondain dont elle jouit 29. Mais beaucoup d’esprits s’y intéressent sincèrement. Cowley est à coup sûr du nombre. Toute la partie de son œuvre où il parle de sujets scientifiques respire la conviction, et il y joue vraiment le rôle de porte-parole de sa génération.
Il fait en somme pénétrer dans le domaine de la littérature la déclaration d'indépendance intellectuelle de Bacon, de Hobbes, de Harvey, de tous les penseurs et savants de la première heure. {! commence par détruire l'édifice laborieusement construit par les disciples d’Aristote, et montre la vanité du dogmatisme de l’enseignement officiel. Ce qu’il dit de la religion vaut pour toute la connaissance. Il est impossible à l’esprit humain d'atteindre la certitude. Notre raison est impuissante à résoudre l’énigme du monde, et nos sens, sans cesse trompés par des apparences mensongères, ne l’y aideront que bien mal. Nous sommes condamnés à vivre dans le relatif, et tout dogmatisme est vain.
Notons qu'ici Cowley sembie se séparer de Hobbes pour se rapprocher des doctrines de la Société Royale. Il peut admirer la partie destructive de la philosophie du Sage de Malmesbury, ses principes généraux, maïs il est trop épris de liberté, trop idéaliste, et aussi trop bon chrétien, pour admettre son dogmatisme mécanique et matérialiste. Il croit assurément au dualisme de l'esprit et de la matière 30.
Au reste, son scepticisme n’est pas un aboutissement. Une affirmation survit au doute, et chaque heure qui passe en confirme ia vérité. L'esprit humain progresse. Il marche sans cesse vers la
29. Sur 131 fellows on comptait, en 1663, d’après une liste manuscrite du British Museum : « 18 Noblemen, 22 Baronets and Knights, 47 Esquires, 32 Doctors, 2 Bachelors of Divinity, 2 Masters of Arts, and 8 Strangers or Foreign Members. » Chiffres donnés par Carson S. Duncan : The New Science and English Literature in the Classical Period (Chicago Dissertation, 1913, Do)
30. Cependant, jamais il ne fait allusion à Descartes, pas plus qu’il ne semble accorder aux mathématiques (suivant d’ailleurs en cela l'exemple de Bacon) l’importance qu’elles prenaient dans le développement de la Science nouvelle. Cf. sur ce point un article de L. I. Bredvold : Dryden, Hobbes, and the Royal Society (Modern Philology, May 1928, pp. 417-438).
certitude, et le mystère recule devant lui. Nous connaissons mieux l'univers tous les jours.
Et c’est alors que, ayant affirmé sa foi dans le progrès, Cole prend à Bacon son grand principe de vérification rationnelle. La nature ne se révèle qu’à l’observation patiente, minutieuse. Il faut donc l’étudier pour elle-même, directement, sans plus se préoccuper de systèmes désuets. L’expérimentation doit servir de base à la science moderne.
Telle est, en quelques mots, la ce que Cole, prêche à ses contemporains. Tel est bien le credo scientifique du temps. Il est particulièrement intéressant de le retrouver, amplifié, détaillé, dans l’œuvre d’un des partisans les plus enthousiastes de la science nouvelle, Joseph Glanvill. Les titres de ses ouvrages constituent à eux seuls tout un programme. Il s'attaque d’abord à la philosophie d’Aristote telle que la présente l’enseignement officiel des Universités. Il lui reproche de ne rien aprendre d’utile, et de n’aboutir à aucun résultat positif, parce que trop dédaigneuse de l’étude des phénomènes. Il prouve comment la subjectivité de notre perception, rendant toute connaissance relative, interdit l’affirmation absolue dont les scolastiques sont prodigues, dans The Vanity of Dogmatizing or Confidence in Opinions. Manifested in a Discourse of the Shortness and Uncertainty of oùr Knowledge, ant its Causes. With some Reflexions on Peripateticism and an Apology for Philosophy (1661), qu’il publie à nouveau en 1665, avec de nombreuses corrections, sous le titre également significatif : Scepsis Scientifica, or Confest Ignorance the way to Science, in an Essay of the Vanity of Dogmatizing and Confident Opinion. Quant à sa doctrine positive, il l’expose sous forme de défense de la Société Royale, dans son Plus Ultra, or the Progresse and Advancement of Knowledge since the days of Aristotle, in an Account of some of the most remarkable late Improvements of practical useful Learning, to encourage Philosophical Endeavours; occasioned by a Conference with one of the Notional Way (1668) 31.
31. Sur la personnalité et l’œuvre de Glanvill, nous avons trouvé fort utile l'étude de Ferris GREENSLET. Joseph Glanvill, a study in English Thought and Letters of the Seventeenth Century. New-York, 1900.
Nous retrouvons ainsi les deux idées principales dont la science nouvelle est sortie, et que Cowley avait déjà vulgarisées. C’est d'une part la constatation de notre ignorance actuelle (et par conséquent de la faillite des méthodes traditionnelles), provenant des erreurs de la raison et des sens; l’impression que nous vivons entourés de mystère : |
… Où que je regarde, dans l’immensité du ciel et de la terre, je vois la preuve de l'ignorance humaine : car toutes choses sont pour nous dans une obscurité profonde, et nous le sommes pour nous-mêmes. Les choses les plus simples sont aussi ténébreuses que les plus évidemment mystérieuses; et les plantes que nous foulons nous dépassent autant que les astres et les cieux. Les choses qui nous touchent sont aussi lointaines que les pôles et nous sommes aussi étrangers à nousmêmes qu'aux habitants des Indes 32.
C’est, d'autre part, la croyance au progrès par la science expérimentale :
… La philosophie qui doit aboutir à nous éclairer ou à nous servir ne doit pas être l’œuvre de l’esprit concentré sur lui-même, et travaillant sur ses propres idées; mais elle doit sortir des observations des sens et de leur exercice, et prendre pour base les choses telles qu’elles sont dans le monde sensible 35.
Cowley, exaltant l’œuvre de Bacon, ne s'était pas autrement exprimé :
From Words which are but Pictures of the Thoughit, (Though we our Thoughts from them perversly drew) To things, the Minds right Object, he it brought; Like foolish Birds to painted Grapes we flew; He sought and gathered for our use the True; And when on heaps the chosen Bunches lay, He prest them wisely the Mechanick way, Till all their Juyce did in one Vessel joyn, Ferment into a Nourishment Divine,
The Thirsty Souls refreshing Wine 34.
Cowley se trouve encore d’accord avec Glanvill, comme d’ailleurs avec Sprat, pour concilier les découvertes de la science avec
32. Against Confidence in Philosophy, cité par GREENSLET, p. 100. 33. Plus Ultra, p. 52, cité par GREENSLET, pi: 34. To the Royal Society, st. 4, p. 450.
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le dogme religieux. Dès la constitution de la Société Royale, de vives protestations s'étaient élevées dans les rangs du clergé contre une institution qui semblait devoir mener les esprits au scepticisme et à l’athéisme 35. Cowley y avait répondu par avance lorsque, dans la préface de sa Proposition, il avait défini la « philosophie naturelle » comme ayant pour objet la nature, c’est-à-dire la Création divine, et se divisant « into the contemplation of the Immediate or Mediate Creatures of God, that is, the Creatures of His Creature Man ». Et il avait pris, en terminant, la précaution d'affirmer que le collège dont il proposait la fondation ne pourrait nuire ni à l'Etat, ni à la Religion :
… Et il (son projet) n’est un obstacle ou une gêne pour aucun parti politique ou religieux, mais il peut être indifféremment adopté par toutes les variétés d’opinion, et il ne semble guère possible qu’il puisse même devenir nuisible (comme l’ont fait beaucoup d’excellentes institutions) 36. .
N'est-ce pas d’ailleurs par l’étude de la nature que nous nous rapprochons le plus de Dieu ?
Where does the Wisdom and the Power Divine In a more bright and sweet Reflection shine ? Where do we finer strokes and colours see Of the Creators Real Poetry, Then when we with attention look Upon the Thirde Dayes Volume of the Book ?
If we could open and intend our Eye, We all like Moses should espy Ev’n in a Bush the radiant Deitie 37.
Mais les deux plus ardents champions de la Société ont été, trait bien curieux, deux hommes d'église, Glanvill et Sprat. Lorsque Glanvill relève, dans sa Philosophia Pia, le défi jeté par le pamphlétaire H. Stubbe 5%, il emploie le même argument que Cowley,
35. Cf. sur ce point I. DisrAELI. Quarrels of Authors, p. 336...