DUNCAN. Op. cit., p
et de science, précédait l'avènement de la raison en matière d'art. Il lui préparait le terrain, lui rendait les esprits favorables, lui formait un style, un idéal, lui créait des sujets. Mais c’est la littérature du dix-huitième siècle qui était appelée à en profiter. Nous ne pouvons demander à Cowley d’être à la fois un des premiers penseurs rationalistes et un des premiers poètes rationalistes.
Et c’est ainsi que nous le voyons entièrement acquis, par la pensée, aux principes sur lesquels s’érige peu à peu l’crdre nouveau. Non seulement il combat l’enseignement compris à la manière scolastique, mais encore il formule une théorie de l’éducation toute moderne d’esprit, comme l’est également sa conception de la science. Non content de détruire, il reconstruit. Par sa dénonciation véhémente de tout ce qui, dans le passé, méconnaît le rôle de l'intelligence et choque la raison, il consacre la ruine de l’ancien temps. Par ses essais d’application des principes dont il avait énoncé la théorie, il se range nettement parmi les pionniers de l’ère nouvelle.
L'artiste, par contre, tout en subissant l’action de cette orientation, reste plus qu’à demi prisonnier du passé. La raison lutte en lui pour s'affranchir, mais le principe d’autorité, qu’il foule aux pieds quand il pense à la tyrannie d’Aristote, reste bien vivant et l'emporte, quand l’ombre de Virgile se dresse devant lui. L’analyse de ses idées littéraires va nous révéler cette lutte indécise.