‹ Abraham CowleyChapitre 189 sur 429 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Dans sa retraite de Chertsey, nous dit Sprat !, Cowley se préparait à écrire un art poétique où il aurait exposé ses vues. La mort l’en a empêché, mais ses préfaces, ses notes à la Davidéide et aux Odes pindariques, certains de ses poèmes, nous révèlent ses idées littéraires, éparses, fragmentaires, suffisamment précises cependant pour nous permettre d’esquisser, tout au moins dans ses grandes lignes, ce qui eût été sa poétique 2.

Loin de proscrire, comme Platon, le poète (et par poète il faut entendre aussi bien l’auteur dramatique et le prosateur que le poète proprement dit) de la cité idéale, Cowley lui accorderait une place d'honneur. Sa fonction est la plus haute, la plus importante. Il ne faut pas y voir une occupation d’un moment, un passetemps que l’on puisse écarter à volonté. L’art du poète pourrait être comparé, non à une maîtresse, mais à une épouse légitime #. Il exige le sacrifice de toute la vie. Dans un moment de découragement, Cowley proteste en ces termes contre cet esclavage :

When in the Cradle, Innocent I lay, Thou, wicked Spirit, stolest me away, And my abused Soul didst bear, Into thy new-found Worlds, I know not where, Thy Golden Indies in the Air; And ever since ÏI strive in vain My ravisht freedom to regain;

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