‹ Abraham CowleyChapitre 210 sur 429 · Vipa. Art poétique, I · texte numérisé non relu

Vipa. Art poétique, I

50. Préface au volume de 1656 (I, p. 11, 1. 22...). 51. Davideis, I, n. 1, p. 266.

choix de ses procédés artistiques, l'autorité des Anciens lui suffit 52,

Dans le détail, il s’abrite à chaque instant derrière la tradition classique. Demande-t-il, dans un mouvement oratoire, la gloire pour récompense de ses efforts, il explique : « J'espère que cetle sorte de présomption (que presque tous les poètes m'ont apprise) ne paraîtra pas excessive. » 53; s’il emploie une image qu'il juge audacieuse 54, s’il lui semble que la poésie l’entraîne à des exagérations ou à des inexactitudes démesurées 55, si la construction de sa phrase lui paraît obscure ou le sens d’une expression douteux 56, il ne manque pas de nous renvoyer aux œuvres d'Homère, de Virgile, d'Horace, de Sénèque, d’autres encore. Comme Virgile, il se permet de laisser aux endroits propices des vers inachevés 57, et il s’autorise d'un précepte d'Horace pour retrancher les scènes qu'il désespère de traiter dignement 58.

Sur un point cependant, il prend une initiative : il interrompt à deux reprises le courant monotone du distique héroïque, par l'introduction de stances lyriques 59. Mais il ne le fait qu'avec une

52. Vers le milieu du même chant, invoquant cette fois sa Muse, il fait appel à « l’autorité d’Homère et de Virgile » et cite les passages sur lesquels il s'appuie (I, n. 33, p. 275). Dans la composition, le souci d’imiter les anciens domine constamment. Il s’autorise, pour ses descriptions de tapisseries, des exemples fournis par Catulle et Virgile (II, n. 16, p. 308, et III, n. 27, p. 355); le combat singulier entre David et Goliath se justifiait de lui-même par la Bible, mais il tient à rappeler qu'il a pour précédents les « duels publics » entre Pâris et Ménélas chez Homère, entre Enée et Turnus dans Virgile, entre les Horace et les Curiace dans Tite-Live (III, n. 49, p. 360), etc.

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