‹ Abraham CowleyChapitre 212 sur 429 · Dav.; IX, n. 37, p · texte numérisé non relu

Dav.; IX, n. 37, p

59. C’est, au livre I, la paraphrase du psaume 114 (v. 482, p. 254), et au T°, le chant d'amour de David sous la fenêtre de Michol (v. 785, p. 344).

L'ÉPOPÉE : LA DAVIDÉIDÉ 337

timidité extrême, et jusque dans cette innovation (qui lui sera d’ailleurs reprochée 60), il cherche à se couvrir des Anciens comme d’un bouclier magique 61.

Nous ne pouvons nous empêcher de voir dans cette attitude de Cowley une abdication de sa raison. Il semble qu’il n’ait pas pu aller jusqu’au bout de son désir de liberté rationnelle, et que, épuisé par l'effort qu’il faisait pour s’affranchir du mensonge des sujets, il n’ait pas eu la force de se libérer également des conventions formelles. 11 s’est arrêté à mi-chemin, avec moins de hardiesse que ses amis Davenant et Hobbes 62.

f L’humanisme a poussé en lui des racines trop profondes pour qu'il puisse entièrement se libérer. Mais la majorité de ses contemporains se trouve dans son cas. Ce rationalisme tronqué, impuissant à s'affranchir entièrement du principe d’autorité, est bien la caractéristique du temps 63.

L’Antiquité païenne lui fournit les règles de son art, maïs c’est naturellement dans la Bible qu’il puise la matière de son récit. Il fait figure sur ce point plus d’érudit que de poète. N’oublions pas que la Davidéide a été composée par un étudiant en théologie,

Page 1