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CHAPITRE II £S

LE LYRISME

a) Le grand Lyrisme : les odes pindariques.

L’épopée est le genre suprême, mais sa difficulté égale sa grandeur. L'artiste doit y consacrer tout son talent pendant de longues années, et son effort ne saurait se renouveler. N’existe-t-il pas de de poèmes aussi nobles, mais plus accessibles aux forces humaiïnes, de proportions plus modestes? Ne peut-on concevoir entre l’épopée et le lyrisme amoureux, léger de matière et plus joli que beau, un genre qui, unissant la majesté de l’un à la brièveté de l’autre, condenserait dans les limites d’un court poème le sublime de la pensée et la noblesse de l’expression?

Ce genre existe, dit Cowley. Si on n’en trouve pas d’exemple dans la poésie anglaise, on sait par contre que les Anciens l’ont cultivé avec succès, et Pindare, lui léguant son nom, l’a porté à la perfection. Pourquoi ne pas le ressusciter? Grande sera la gloire de celui qui le fera de nouveau connaître et admirer 1. Et Cowley veut attacher son nom à cette œuvre. Pour révéler Pindare à ses lecteurs, il commence par donner une traduction libre de deux de ses odes, puis, pour leur montrer la possibilité de ressusciter ce genre disparu, il compose lui-même un certain nombre d’odes à la manière du poète grec.

Mais pour imiter, il faut d’abord comprendre. Cowley a donc analysé l’art de Pindare, et nous retrouvons les résultats de cette étude dans les conseils qu’il donne à ceux qui voudront pindariser avec lui 2. Ce qui donne à l’ode son caractère unique, plus encore

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