Cf. The Muse, p. 184; To the Royal Society, p
38. Destinie, p. 192; Brutus, p. 195; Life and Fame, p. 201; Life, p. 208: To the New-Year, p. 206; The Extasie, p. 204; The Resurrection, p. 182: Christs Passion, p. 402; The 34 Chapter of the Prophet Isaiah, p. 211: The Plagues of Egypt, p. 219.
. veut faire pour l’ode pindarique ce qu’il a fait pour l'épopée virgitienne, l’adapter à des fins chrétiennes. Pourquoi ne pas
rappeler les grandes vérités qui gouvernent la vie, ou traiter sur
le mode lyrique les passages les plus frappants de l’Ecriture Sainte? 39, Ce ne serait d’ailleurs pas là trahir le modèle, car il y a, nous explique-t-il, de grandes ressemblances entre la manière de Pindare et le ton des prophètes de l'Ancien Testament : même absence de transitions, mêmes expressions exaltées et hardies 40. Il peut donc mettre sans contradiction ici encore son humanisme au service de sa foi.
D'une manière générale, ses odes renferment l'essentiel de sa pensée. Il y développe des thèmes amples, de nobles idées, dont beaucoup sont presque des lieux communs, mais qui ne donnent jamais, tant s'impose la sincérité du poète, une impression de banalité. Le contenu n'est pas indigne de Pindare 41.
En sera-t-il de même de la forme? Comment cet homme pondéré, doué de sens critique plus que d’imagination, va-t-il traduire sa pensée si sage dans un lyrisme tout en élans, en envolées brusques, où tout semble défier la raison? Il y parvient dans une large mesure, et nous ne pouvons qu’admirer la souplesse de son
talent lorsque nous le voyons s’adapter à un genre qui paraît si peu lui convenir. Il réussit à rappeler son grand modèle au point que certains critiques enthousiastes ont vu en lui son égal 42.
Sans exagérer à ce point la louange, nous devons reconnaître
39. Cf. ses méditations sur la vie et la gloire; Life and Fame, Life; sur le destin : Destinie; sur l’année nouvelle : To the New-Year; et aussi sur la Résurrection; la Passion: l’œuvre de Moïse en Egypte; les prophéties d’Isaïe.
40. The 34 Chapter of the Prophet Isaiah, st. 1, n. 1, p. 214 : « The manner of the Prophets writing, especially of /saiah, seems to me very like that of Pindar.… »
41. Il est curieux de noter le contraste que présentent la pensée de Pindare et celle de son imitateur. Pindare, grec et païen, glorifie l’effort humain, la force humaine, l’orgueil humain. Cowley, en chrétien, développe le thème de Phumilité, de la faiblesse humaine devant Dieu.
42, Dryden, en 1680, égale son génie à celui du poète grec (Preface to the Translation of Ovid's Epistles, cité par KEr. Op. cit., p. 240). En 1685, 5 ans plus tard, lorsqu'il déplore la vogue des Pindariques et critique au nom du dogme néo-classique la rudesse du style et de la versification de Cowley, il rend hommage à son œuvre pindarique, écrivant : « En vérité, il l’a rapprochée (l’ode) de la perfection autant qu’il était possible en si peu de temps »
358 y L'ŒUVRE : LES GENRES
l’indéniable beauté de certains passages. Qu'il paraphrase la pensée de Manilius : « nascentes morimur », qu'il développe son thème favori de la liberté, qu’il célèbre l’œuvre de Hobbes ou celle de la Société Royale, les idées, riches de sens et nées d’une inspiration que l’on sent sincère, trouvent une expression digne d'elles. Citons, par exemple, la fin de l’ode à Brutus :
What joy can humane things to us afford, When we see perish thus by odde events, Ill men, and wretched Accidents, The best Cause and best Man that ever drew a Sword ? When we see The false Octavius, and wild Antonte, God-like Brutus, conquer Thee ?
What can we say but thine own Tragick Word, That Virtue, which had worshipt been by thee As the most solid Good and greatest Deitie, By this fatal proof became An /dol only, and a Name.
Hold, noble Brutus and restrain The bold voyce of thy generous Disdain :
These mighty Gulphs are yet Too deep for all thy Judgment and thy Wit.
The Time’s set forth already which shall quell Stiff Reason, when it offers to Rebell, Which these great Secrets shall unseal, And new Philosophies reveal.
À few years more, so soon hadst thou not dy’ed, Would have confounded Humane Virtues pride, And shew’d thee a God crucified 43.
L’éclat n’exclut pas ici la profondeur; la pensée impose à la forme sa noblesse, Cowley s'élève à la grande poésie.
(Sylvae, 1685, cité Ker. Ibid., p. 267). Felton, dans sa Dissertation on the Classics (p. 268), proclame : « Mr. Cowley a merveilleusement réussi sa paraphrase de Pindare, mais son génie égalait celui de son modèle... » Notons encore que la critique de Congreve vise non les Pindariques de Cowley, mais celles de ses imitateurs (Cf. Discourse on the Pindarique Ode). Parmi lies modernes, Courthope (History of English Poetry, vol. II, p. 344) le déclare digne de s’attaquer à Pindare.
43. Cf. aussi la strophe finale de l’ode à Hobbes, p. 190, la strophe 4 de l’ode To the New-Year, p. 208; les st. 3 et 4 de l’ode The Muse, p. 185...