‹ Abraham CowleyChapitre 230 sur 429 · Ê. HR · texte numérisé non relu

Ê. HR

Lui-même, dès sa première poésie, nous livre en quelque sorte la cié du recueil :

l'Have often wisht to love; what shall I do ? Me still the cruel Boy does spare; And I a double task must bear,

First to woo him, and then a Mistress too.

Come at last and strike for shame,

If thou art anything beside a name.

Et il prend soin de nous prévenir :

If she be coy, and scorn my noble fire, If her chill heart I cannot move, Why l’le enjoy the very Love, And make a Mistress of my own Desire 12.

Ce n’est pas son histoire qu’il raconte, mais l’universelle, l’éternelle histoire d'amour. Sur la trame ténue d’une intrigue, nous allons le voir broder de fines analyses du sentiment amoureux, et placer ses personnages, simples marionnettes, dans des attitudes choisies où il pourra les étudier à loisir. Parfois même, il jugera inutile de les mettre en scène, et il méditera en personne sur les divers problèmes à résoudre. Ne demande-t-il pas à « creuser la mine d’amour » 13 ? Suivons le dans sa quête du minerai précieux.

IT

Ses recherches lui sont imposées d'avance. Il doit travailler de concert avec ses confrères, les amoristes, et répondre aux mêmes questions. Leurs sujets sont aussi les siens.

Mais sur cette matière commune, il édifiera son œuvre personnelle. Il va s’efforcer d’éclipser ses rivaux, ou ses devanciers, par

12. The Request, st. I, p. 65; st. 3, p. 66. Cf. aussi The Dissembler, p. 132 et The Heart Fled again, p. 105, st. 5. Dans The Dissembler, nous trouvons l’aveu :

Unhurt, untoucht did I complain,

And terrified all others with the pain... (st. 1). Darts, and Wounds, and Flame, and Heat,

I nam’d but for the Rhime, or the Conceit… (st. 3).

Page 1