‹ Abraham CowleyChapitre 235 sur 429 · Cf. HaARRISON. Platonism in English Poetry, p · texte numérisé non relu

Cf. HaARRISON. Platonism in English Poetry, p

31. Habington est le modèle des platonistes. Cf. par exemple : To Castara, inquiring why he loved her; To the World, the perfection of Love; To Castara, the reward of innocent Love; To Castara, upon an embrace…. Cf. dans Lord Herbert of Cherbury : Platonick love, Parted Souls, The Thought, An Ode upon a question moved, whether Love should continue for ever? Cf. dans H. Vaughan : Preface to the Poems, 4 Song, to Amoret.

Nous trouvons même un écho des thèmes platonistes chez Donne : Loves Growth, The Dream, À Valediction forbidding mourning, The Exstasie, Souls Joy...

32. Cf. les sonnets de Shakespeare et de Sidney, et, chez Spenser : Hymn to Love, et Hymn to Beautie.

33. Cf. G. Daniel. To Cynthia coying it, To Cynthia converted, Pure Platonick, To the sweet feminine Platonicks. Cf. aussi Wither et Randolph. À Platonick Elegy….

34. J. S. HarnisoN. Op. cit., p. 160, et FLETCHER. Précieux and Précieuses at the court of Charles I (Journal of Comparative Literature, vol. I, 1903).

35. Cf. une lettre de J. Howell à Philip Warwick, du 3 juin 1634, citée par Harrison. Op. cit., p. 155, et traduite par F. DerATrTRE. Robert Herrick, p. 193. Cf. aussi N. Hooker. Against Platonick Court-Love. G. Daniel, s’adressant au pseudo platoniste, s’écrie :

« … O hypocrite !

For in Platonick Love thou canst do2 more With yielding females, than in Lust before. » (To the Platonick Pretender).

36. Par exemple G. Daniel. Court-Platonicke, Anti-Platonicke; A. Brome

Epithalamy; Cartwright. No Platonique Love; P. Cleveland. The Anti-

Entre les partisans déclarés et les adversaires du platonisme se placent les neutres, les indifférents, qui y voient simplement matière à discussions ingénieuses. Tour à tour, ils l’attaquent êt le défendent, ils en exaltent l'élévation, quitte, l'instant d’après, à railler sa froideur compassée et ses rigueurs contre nature 37.

C’est dans ce groupe que nous trouvons Cowley. A plusieurs reprises, il proteste contre le platonisme, montrant combien l'amour des âmes reste incomplet tant que le corps n’y a pas de place, et comment, l’amour physique étant une loi universelle de la nature, il est fou de vouloir y résister :

Indeed I must confess When Souls mix ’tis an Happiness; But not compleat till Bodies too doe joyn, And both our wholes into one whole combine; But half of Heaven the Souls in Glory tast, Till by Love in Heaven at last Their Bodies too are plac’t 38.

Mais nous le voyons également exclure la jouissance physique. L'amour est tout espoir et toute attente : que celle qu’il aime, si elle veut le garder, ne lui cède jamais, la possession tue l’amour 59.

Que conclure, sinon que Cowley ne se préoccupe pas de nous livrer sa pensée? Il veut broder, sur un thème connu, de brillantes variations. Il en est ainsi de tout le recueil. Il analyse les problè-

Platonick, Platonick Love; Shirley. Love for enjoying; Lovelace. Love made in the first Age. Chamberlayne trace, dans Pharonnida, un portrait grotesque d’amants platonistes (book 2, canto 5).

37. G. Daniel écrit, nous l’avons vu, pour et contre. Davenant compose, après The Temple of Love, sa parodie souriante du platonisme : The Platonick Lovers. Nous voyons se convertir au dogme platoniste, puis l’abjurer avec éclat, Suckling (d’une part : Against Fruition, The Rival Lovers, Song, p. 33, et de l’autre: Song, p. 53); Stanley (Loves Innocence, The Kiss, contre Speaking and Kissing), Carew (To his Mistress in absence, À new-years gift : to the Queen, Methodus Amandi, contre, pour ne citer qu’un exemple, The Rapture).

38. Platonick Love, st. 1, p. 75. Cf. aussi : The Gazers, p. 142, et Answer to the Platonicks, p. 80, où le premier vers :

« So Angels love; so let them love for me », semble répondre à ceux de Donne dans The Relic :

« Difference of Sex we never knew,

No more than Guardian Angels do. »

39. Against Fruition. Cf. sur ce thème : Suckling. Against Fruition, et H. King. Paradox : that Fruition destroys Love.

mes amoureux, comme il décrit la passion, plus pour nous éblouir que pour nous toucher ou nous convaincre. Les sujets restent pour lui l’accessoire. C’est dans la manière dont il les exploite que nous devons chercher les preuves de son originalité.

Dès l’abord, un fait indique le sens de son effort. Parmi les divers groupes de thèmes que la tradition lui apporte, il fait un choix. Il réduit l’élément anecdotique: il ne s’attarde guère à décrire la beauté de l’aimée, sa parure, ses moindres actions : nous la voyons une fois vêtue de blanc, nous la voyons aussi en larmes, au bain 40. Mais, nulle part, elle ne chante, ne danse, ne lit, ne dort; pas de mouches ni de rubans, pas de gants, d'éventail, de masque ou de fleurs, aucun de tous ces jolis riens qui remplissent aux trois quarts les recueils du temps. Ben Jonson, en vrai « cavalier », avait écrit :

No face, no hand, proportion, line or air

Of Beauty, but the Muse hath interest in :

There is not worn that lace, purl, Knot, or pin, But is the poets matter... 41.

Cowley, au contraire, dépouille sa maîtresse de son corps. Il en fait une sorte de fantôme, une ombre vague qui n’existe que par la domination qu’elle exerce sur le cœur de l’amant, les sentiments qu’elle lui inspire. Ce qui intéresse le poète en elle, ce n’est pas la créature vivante, mais l’Idée qu’elle incarne 42. Aussi voyonsnous Cowley multiplier les poésies où l’élément psychologique joue le premier rôle. Il analyse des états d'âme au lieu de décrire; il médite sur l’amour plus qu’il ne le chante #3.

40. Clad all in white, p. 77, Weeping, p. 136, Bathing in the River, p. 150.

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