The Good-Morrow et The Canonization
Lan
For Heavens sake, what d’you mean to do ?
Keep me, or let me go, one of the two 49,
À chaque pas, nous trouvons dans ses vers l’écho de la dialectique subtile, des images préférées, des « conceits » de Donne 50. Il lui emprunte surtout son attitude devant l’amour. Il traite les mêmes problèmes et les considère sous le même angle. I fait lui aussi de l'amour un champ d’expériences psychologiques; il s’efforce d’intellectualiser ses émotions, il généralise et abstrait. Comme Donne il est hanté par l’éternel conflit de la chair et de l'esprit :
I know ‘’tis sordid, and ’tis low; (AIl this as well as you I know) Which I so hotly now pursue;
(I know all this as well as you) But whilst this cursed flesh I bear,
And all the Weakness, and the Baseness there, Alas, alas, it will always be so 51.
L’inquiétude qui s'exprime ici à découvert résonne sourdement à travers le recueil.
Des liens étroits unissent donc The Mistress aux Songs and Sonnettes de Donne. La même atmosphère « métaphysique » les enveloppe, ét les fait briller de l’éclat fantastique du « conceit ». Mais les deux livres produisent sur le lecteur un effet bien différent. Il y a entre le maître et le disciple un écart que nulle application n’aurait pu combler. Par la puissance étrange de sa personnalité, Donne est pour tous un guide dangereux. Il l’a été particulièrement pour le raisonnable et tiède Cowley.
Sans doute, celui-ci sait bien démêler un des aspects essentiels de Donne, son intellectualisme, son introspection vigilante, mais la matière qu’il trouve en lui-même est infiniment plus pauvre. L'’individualisme intense de Donne reste pour lui lettre close. Sa vie intérieure, toute de raison, est normale, presque banale. Aussi
49. Resolved to be beloved. Cf. aussi le début de The Discovery, celui de Womens Superstition, etc.
50. Nous nous réservons d’insister davantage sur la dette formelle de Cowley vis-à-vis de Donne, lorsque nous étudierons son style poétique, et que nous essaierons de définir son originalité.