Dédicace à Digby, II, p
vacances extraordinaires, car l’école reçoit souvent la visite de personnages hauts placés qui assistent aux classes et ne manquent pas ensuite de demander que le travail cesse pour le reste de la journée, au grand désespoir du maître dont l'emploi du temps si bien réglé est tout bouleversé 22. Et les élèves peuvent profiter de leur liberté pour vagabonder dans la campagne qui entoure alors l’école de trois côtés sur quatre. Au Nord s’étendent les champs qui forment aujourd’hui St. James Park, au Sud une région basse assez marécageuse connue sous le nom de Tuttle fields, et à l'Ouest passe la route de Chelsea. Enfin, il y a les vacances d'été, quatre semaines environ, que l’école va passer dans une propriété de l'Abbaye à Chiswick, et où le travail cède le pas aux jeux et à la vie de plein air 25.
Un certain nombre de fêtes reviennent en outre chaque année, qui rompent la monotonie des jours de classe : la cérémonie du mardi-gras, par exemple, où le cuisinier de l’école doit lancer la première crêpe, d’un vigoureux coup de poële par-dessus le rideau qui coupe en deux la grande salle; surtout, les réjouissances de l’époque de Noël que nous retrouverons d’ailleurs à Cambridge, sortes de saturnales dirigées par un Maître des fêtes « Master of the Revels », et au cours desquelles les boursiers jouent une pièce en latin et une en anglais (Elisabeth l’exige dans les statuts, sous peine d’une amende de dix shillings au maître coupable de négligence à cet égard). Par ces pièces, par la pièce latine surtout, on voulait « que les jeunes gens pussent passer la Noël avec plus de profit et se familiariser davantage avec un maintien gracieux et une prononciation élégante » 24. Elle devait, selon le principe fondamental de l’éducation anglaise, meubler l’esprit des élèves, mais aussi les préparer à leur futur rôle de gentlemen. Les enfants, eux, ne voient pas si loin, ils goûtent sans arrière-pensée la fierté d’avoir mérité un rôle, ou simplement la joie de voir bouleverser leur dortoir, qui sert de théâtre, et d’aider à y installer la scène avec ses très rudimentaires décors. Plus tard,