‹ Abraham CowleyChapitre 242 sur 429 · Cf. F. DELATTRE. Robert Herrick, p · texte numérisé non relu

Cf. F. DELATTRE. Robert Herrick, p

2. Anacreon, translated by Thomas Stanley (1651), éd. A. H. Bullen, 1906.

son modèle. Cowley n'est-il pas, à bien des égards, un Alexandrin? La simplicité des lignes lui est étrangère; sa pensée décrit des arabesques volontiers fantasques, et la solidité foncière de son esprit sait trop souvent s’accommoder du bizarre et de l’exubérance un peu folle. D’autre part, l’aspect menu des choses est celui qu’il saisit le mieux : « J’aime la petitesse en tout », s’écrie-t-il 3. Le familier, le joli, voilà son domaine. Aussi se trouve-t-il dans son milieu naturel lorsqu'il traduit les Anacreonta. Il se meut à l’aise dans ce monde de beautés fragiles, et son imitation produit une impression de spontanéité heureuse que l’on chercherait en vain dans beaucoup de ses œuvres originales.

Ïl apprécie la joie de vivre, l’aimable nonchalance de son modèle, il aime son épicurisme. Mais il ne l’adopte pas tel quel. Il place, nous nous le rappelons, la sagesse ailleurs que dans l’amour et le vin. Les plaisirs qu’il choisit sont plus austères et plus intellectuels, et dans les Anacréontiques, il tend, semble-t-il, plus à retrouver son propre épicurisme, qu'à respecter celui du poète grec. Lorsqu'il se représente la vie d’Anacréon, n’est ce pas son propre idéal qu’il exprime?

… And thy Life was all the while Kind and gentle as thy Stile.

The smooth-paced Hours of ev’ery day Glided numerously away.

Like thy Verse each Hour did pass, Sweet and short, like that it was 4.

Et on pourrait lui reprocher de transformer en grave moraliste son voluptueux modèle, lorsqu'il met dans la bouche de l'Amour (parlant à ses adeptes) ces paroles :

All their Life should gilded be With Mirth, and Wit, and Gayety, Well remembring and Applying The Necessity of Dying 5.

Cowley était trop naturellement sérieux et trop dépourvu de sensualité pour être un vrai disciple d'Anacréon. Il l’est, certes,

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