CHAPITRE VI
Cowley avoue, dans un passage des Essais, son mépris pour la satire. Comme une plante épineuse qui pousse seulement dans les terres stériles, elle ne fleurit qu’à la ville, dans le tumulte, mortel aux œuvres vraiment grandes 1.
Aussi la satire traditionnelle n'est-elle représentée dans son œuvre que par deux poèmes de jeunesse où, à la manière d’Horace et de Ben Jonson, il tourne en ridicule les travers de ses contemporains. Dans l’un, À Poeticall Revenge, il narre plaisamment une de ses mésaventures, dans l’autre, À Vote, il trace une galerie de portraits malicieux. Rien d’original ni de profond, mais, s’exerçant sur des types traditionnels, une satire vive et alerte : le puritain, le maître d’école, le juge de paix, le courtisan, l’homme de loi, d’autres encore, défilent devant nous en un cortège grotesque :
I would not be a School-master, though he His Rods no lesse than Fasces deemes to be, Though he in many a place, Turnes Lilly oftner than his gownes, Till at the last hee makes the Nownes, Fight with the Verbes apace.
Nay though he can in a Poeticke heat, Figures, borne since, out of poore Virgill beat.
I would not be a Courtier, though he
Makes his whole life the truest Comedy :
Although he be a man
In whom the Taylors forming Art,
And nimble Barber claime more part Than Nature her selfe can.
Thougbh, as he uses men, ’tis his intent
To put off death too, with a Complement 2.