‹ Abraham CowleyChapitre 248 sur 429 · Essays. Of Agriculture, II, p · texte numérisé non relu

Essays. Of Agriculture, II, p

2. A Vote, II, p. 48, st. 3 et 5. De même, dans Love’s Riddle, il se moque avec une malice légère des exagérations des poètes amoureux, de la grandiloquence des poètes épiques, de leurs ambitions, de leur pauvreté,

Mais ce n’est qu’un jeu pour Cowley : des genres plus nobles l’ont appelé, et il n’a pas tenté d'exploiter cette veine de son talent. Nous n’aurions pas à en parler, si les événements ne lui avaient pour ainsi dire forcé la main, et ne l'avaient amené à la satire politique.

Dans la guerre qui a dressé le Parlement contre la Couronne, les soldats n’ont pas été les seuls à combattre. Les pamphlétaires les ont soutenus de leur mieux, tournant en dérision la cause adverse, et cherchant à rallier à la leur les hésitants. C’est par patriotisme que Cowley, comme il l’explique dans une de ses préfaces, s’est lancé dans la satire politique 3. Dans The Puritan and the Papist, il s'efforce de discréditer les puritains, dans son History of the late Civil War, il entreprend de glorifier l'épopée royaliste, dans À Discourse by way of Vision concerning the Governement of Oliver Cromwell, il condamne l’œuvre accomplie par la révolution puritaine.

Le fragment de poème sur la guerre civile est pour nous à peu près dépourvu d'intérêt. Cowley voulait d’ailleurs en faire une épopée de la cause royale plutôt qu’une satire. Par l'ampleur des développements, la majesté du ton et des images, l’emploi constant de l’allégorie et du symbole, l’appel au surnaturel chrétien, ce fragment rappelle de très près la Davidéide 4. Les mêmes défauts, les mêmes qualités s’y retrouvent 5. Néanmoins l’œuvre, sous son déguisement épique, reste à bien des égards une satire :

3. Préface au volume de 1656 (1, p. 455) : « … The War of the Pen is allowed to accompany that of the Sword, and every one is in a manner obliged with his Tongue, as well as Hand, to serve and assist the side which he engages in. »

4, On pourrait relever un assez grand nombre de coïncidences. Voici une des plus frappantes :

« On two fair Hills both Armies next are seen,

The affrighted Valley sighs and sweats between... » (CAN 20071 MD 472) Tete

« On two near Hills the two proud Armies stood.

Between, a fatal Valley stretcht out wide... » (Dav., IIL v. 362, I, p. 333). Cf. aussi C. W., v. 187, et Dav., v. 57; C. W., v. 221 et Dav., I, v. 154.

5. Parmi les bons passages, cf. le retour en arrière vers le passé glorieux de l’Angleterre, tout au début.

ce n’est pas un tableau d'histoire, mais un pamphlet violent et injuste. Le panégyrique du parti royaliste y est aussi démesuré que sont excessives les injures à l’adresse des Parlementaires»

La satire The Puritan and the Papist mérite davantage de nous retenir. C’est une attaque du puritanisme, qui possède au moins une qualité, l’ingéniosité. Comme l'indique le titre, Cowley rapproche le puritain du catholique romain; quelle meilleure arme aurait-il pu trouver contre lui que de le comparer à la secte haïe entre toutes ?

Dans une première partie, patiemment, avec sa subtilité coutumière, il cherche et découvre des points communs aux deux dogmes, aux deux cultes. Tous ne sont également probants, et la raïillerie est parfois bien pesante 6, mais cette satire raisonnante, faite de logistique alambiquée et d’ingénieux rapprochements, rentre dans sa manière accoutumée.

Le ton change dans la seconde partie du morceau : à l'ironie succède l’indignation; des papistes il n’est plus question, les puritains restent seuls en scène, et Cowley ne s’attaque plus désormais à leur religion, mais à leur politique. Les maux et les souffrances qu’il énumère le touchent de plus près que les différences d'opinion religieuse : l’apostrophe se fait plus violente, la puissance d’invective s’accroît,-on sent la rancune de l’homme dont le nouveau régime a ruiné, pour toujours peut-être, la carrière. La haine donne aux vers un accent âpre et fort 7.

Même ici, cependant, la satire de Cowley ne rappelle que de loin celle de son contemporain Cleveland, toute en assauts impétueux, en coups de boutoir; il y a toujours chez Cowley, même lorsqu'il s’'emporte et s’exalte, un besoin instinctif de démonstration qui donne à ses attaques une allure logique et ordonnée, l’allure d’une critique d'idées. Ce qu’il se propose comme but, dans cette seconde partie, c’est, avant tout, de dénoncer le caractère subversif des théories puritaines, et il le fait en interprétant les événements historiques 8. A tout instant d’ailleurs il quitte le do-

6. Cf. sur la justification par les œuvres, v. 7..; sur les reliques, v. 133...; sur les miracles, v. 161...; sur la transsubstantion, v. 171...

Page 1