‹ Abraham CowleyChapitre 249 sur 429 · Cf. yv-2083 et sq. v. 247%et sq · texte numérisé non relu

Cf. yv-2083 et sq. v. 247%et sq

8. Cf. par exemple, sur l'hostilité à l'égard des évêques, v. 335...: et sur les griefs contre le gouvernement royal, v. 250...

maine de la satire doctrinale pour s’égarer dans celui de la satire personnelle : il poursuit les chefs puritains, non seulement en tant qu'hommes d'Etat, mais dans leur vie privée, il se fait l'écho de calomnies et d'insultes gratuites 9. Mais il ne faut pas oublier que sôn pamphlet était à ses yeux un instrument de combat, destiné au grand public, ce qui l’obligeait à donner une clarté brutale et une outrance passionnée à ses affirmations. Souvenons-nous aussi qu’au dix-septième siècle, encore plus que de nos jours, l'inj ure était une arme plus répandue, et plus efficace (du moins en matière de politique), que la critique intelligente des idées 10, et sachons gré à Cowley d’avoir fait à cette dernière une large place. L'ensemble n’a cependant qu’une valeur éphémère, et Cowley en jugeait bien ainsi, puisqu'il n’a jamais compris ce pamphlet dans ses œuvres.

Le Discours sur Cromwell présente un caractère tout différent. Ecrit au lendemain de la mort du Protecteur, il est destiné à montrer au pays combien cet homme avait été néfaste; c’est un ouvrage d’actualité, sans doute, mais d’une valeur beaucoup plus durable. La satire contre les puritains se perd dans la masse des pamphlets royalistes; le Discours a mérité d’être défini, la seule attaque royaliste contre Cromwell qui vaille la peine d’être lue 11.

La forme, tout d’abord, indique une orientation nouvelle. Par sa haute tenue littéraire, ce morceau se distingue dès l’abord des pamphlets courants. Cowley n’écrit pas ici pour le vulgaire, il s'adresse à la partie cultivée de la nation, sensible à l’effort artistique. C’est un discours en prose, coupé de passages en vers, les vers ayant pour objet de reposer le lecteur d’une discussion austère. Ils ne constituent, au fond, que des développements poétiques d’idées exprimées ou annoncées en prose 12. Ce sont des orne-

9. Il reproche à Pym et à Lowry leurs origines (v. 232... et 183...), il accuse Hotham d’avoir autant de femmes que Henry VIII (v. 240..), cf. encore sur Pym, v. 118. et sur la veuve de Hollis, v. 135...

10. Cf. les satires de Cleveland, qui sont bien représentatives du temps, et regorgent d’allusions et d’attaques non déguisées contre les principaux puritains.

Page 1