Lettre du 18 novembre. Cf. aussi la lettre du 5 décembre
tains traits de sa nature. Nous allons les voir s’affirmer sans contrainte dans les lettres intimes qui nous sont parvenues.
Elles sont charmantes, ces lettres, de naturel et de finesse. Cowley y parle de lui sans détours. C’est avec une franchise souriante, qu’il se moque de ses illusions campagnardes 9, demande des conseils de jardinage à Evelyn 10, cu avoue sa paresse à composer une ode 11. Avec une mélancolie résignée il nous confie combien il aurait aimé posséder une maison et un jardin bien à lui 12, et, s’il se plaint de ce que la destinée a été pour lui une marâtre en s’opposant à la réalisation de ses désirs les plus chers, il le fait sans aigreur 13.
Ecoutons-le décrire plaisamment les mésaventures de son installation à Chertsey :
The first night that Î came hither I caught so great a cold, with a defluxion of rheum, as made me keep my chamber ten days. And, two after, had such a bruise on my ribs with a fall, that I am yet unable to move or turn myself in my bed. This is my personal fortune here to begin with. And, besides, Ï can get no money from my tenants, and have my meadows eaten up every night by cattle put in by my neighbours. What this signifies, or may come to in time, God knows; if it be ominous, it can end in nothing less that hanging 14.
Avec quelle courtoisie exquise il remercie Evelyn des graines qu’il vient de recevoir de lui :
There is nothing more pleasant than to see kindness in a person for whom we have great esteem and respect (noe, not the sight of your garden in May, or even the haveing such a one), which makes me the more obliged to return you my most humble thanks for the testimonies I have lately received of yours both by your letter and your presents... 15.
Il le complimente avec une légèreté de touche qui nous fait paraître bien grossières les flatteries de ses poèmes officiels. Evelyn