The Danger of Procrastination, IL. p. 454, JL
21. To Mr. Hobs, st. 6, n. 1, p. 191. — Il dit de lui ce que Sénèque disait d’Ovide : « Nescivit quod bene cessit relinquere. When he met with a Phansie that pleased him, he could not find in his heart to quit or ever to have done with it. » Reproche qui, dans sa bouche, ne manque pas de saveur, ni d’une certaine inconscience.
22. Par exemple sur l’apparition d’Alecto à Turnus (Dav., L n. 1922710):
23. « Sacharissa’s well-sung name » (The given Love, st. 9, Da10)
24. « I should beget on thee Donnes and Jonsons », dit Dogrel à Amelia (The Guardian, acte III, sc. 1; II, p. 191).
que Spenser servait universellement de patron, même aux pires rimailleurs 25. Nous le voyons refuser le titre de poètes à Quarles et à Heywood, capables tout au plus de paraphrases versifiées des textes saints 26. Et il regrette, après Jonson, que l’on édite telles quelles les œuvres des écrivains passés. Lui-même élaguerait volontiers le théâtre de Shakespeare, de Fletcher, de Jonson, « et de beaucoup d’autres... et je ne me ferais pas scrupule de retrancher ici les jeunes pousses inutiles, là les vieux rameaux desséchés » 27. Il n’hésite donc pas à corriger ce qui, chez ses prédécesseurs, lui paraît avoir vieilli. De fait, il semble avoir eu pour eux une estime un peu méprisante. I1 se montre résolument moderne de goût, et n’éprouve de sympathie que pour les tendances nouvelles. Ne dit-il pas de Chaucer et des « vieux poètes » anglais qu’ils ne sauraient servir de modèles à un homme du dix-septième siècle ? 28. Aussi croyons-nous Dryden quand il nous rapporte que Cowley n’aimait pas Chaucer 29. Sans doute l’archaïsme de la forme lui a paru dès l’abord un obstacle insurmontable.
A ces jugements rapides, d’autres s'ajoutent, heureusement, où s'affirme plus nettement la valeur du critique littéraire. C’est pour des raisons précises, qu’il prend la peine de développer, qu’il ioue Davenant, Orinda, Sprat 30.
Davenant, dans Gondibert, a composé une épopée humaine, so-
25. « The last is a little too Long, but I imitate Spencer », dit le même Dogrel pour excuser un vers boiteux (The Guardian, acte IV, sc. 2, p. 205).
26. Cr. Préface au volume de 1656, p. 14, 1. 17... Parmi les traducteurs il place Buchanan avant Sandys pour sa version des Psaumes (Préface aux Odes pindariques, 1, p. 156, 1. 30), et il loue A. Brome de ses traductions d'Horace (Of Obscurity, II, p. 397, 1. 20). Nous trouvons encore cités les noms de Sidney et de d’Urfé (The Shortness of Life, II, p. 449, 1. 26), de Montaigne (Of Solitude, II, p. 393, 1. 22; — Of Greatness, II, p. 428), de Donne (Préface au volume de 1656, p. 8, 1. 30), de Ben Jonson (Destfinie, st. 4, I, p. 194, v. 8). t
27. Préface au volume de 1656, p. 5, 1. 35. Ben Jonson avait déjà trouvé que Shakespeare « sufflaminandus erat » : « Many times hee fell into those things, could not escape laughter » (Discoverties).
28. Parlant des rimes riches, avec consonne d’appui, il dit : « They are very frequent in Chaucer and our old Poets, but that is no good authority for us now » (To Dr. Scarborough, n. 2, st. 2, I, p. 200).
29. Preface to the Fables, 1700 (cité par Ker. Essays of John Dryden, II, p. 264). « … He had no taste of him... » k
30. Nous trouvons par contre le type de l’éloge traditionnel, emphatique et creux, dans son petit poème de félicitations à Samuel Tuke : The Adventures of Five Hours (I, p. 440).
lide de matière et riche d'enseignements 31. À Orinda, il déclare, avec une simplicité qui tranche sur beaucoup de clinquant métaphysique : “
Ï must admire to see thy well-knit sense Thy numbers gentle, and thy Fancies high...
"Tis solid and ’tis manly all... 32.
et il la félicite d’avoir su joindre l'élévation morale au génie poétique 33. Il apprécie la clarté élégante du style de son ami Sprat :
His candid Stile like a clean Stream does slide, And his bright Fancy all the way Does like the Sunshine in it play 34.
Nous croyons n’avoir omis aucun des passages qui présentent quelque intérêt critique dans l’œuvre de Cowley. Il nous a donc laissé bien peu de chose. Maïs ces quelques théories, ces rares jugements, nous révèlent les débuts véritables du genre. Il possède le sens de l’analyse, et amorce, par son étude des conditions sociales de l’œuvre d’art, la théorie du milieu dont Taine fera la base de son système. Il a aussi la perception des modifications du goût, c’est-à-dire le sens historique. En somme, la critique doctrinale prend avec lui une orientation nouvelle : lexplication remplace l'affirmation. De l’autre côté, il est un des premiers à juger les œuvres selon leur mérite littéraire. Disons toutefois que son œuvre critique a moins d'importance par elle-même que par l'esprit qu’elle manifeste. Si Cowley commente sa poésie dans ses préfaces et dans ses notes, ce n’est pas pour faire œuvre critique, mais par besoin de comprendre, d'expliquer, de réglementer. On pourrait presque dire qu’il a été critique sans le savoir. Il l’a du moins été sans effort, par tempérament plus que par intention. C’est de cet éveil du tempérament critique que ses théories et ses jugements tirent leur valeur historique.
Avec Ben Jonson, Hobbes et Davenant, Cowley prépare le terrain à la critique classique. Dryden aurait-il, sans lui, écrit ses Préfaces ? Nous ne voulons pas dire que le mérite en revienne à Cowley; mais il a sans doute aidé son grand successeur, comme Jonson l’avait aidé lui-même, de son exemple et de son autorité.