‹ Abraham CowleyChapitre 282 sur 429 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Cowley fait appel à la critique pour l’aider dans son métier de poète et expliquer son œuvre. Il fait appel à la traduction pour enrichir son esprit au contact des Anciens, et mettre leur sagesse à la portée de-ses contemporains. Il ne traduit pas plus pour traduire qu’il ne critiquait pour critiquer : il conçoit toujours la culture du point de vue utilitaire.

Il existe, déclare Dryden, trois types de traductions : la métaphrase, ou traduction littérale; la paraphrase, ou traduction libre, qui respecte le sens de l’auteur sans s’attacher à reproduire exactement la forme; et l’imitation, dans laquelle le traducteur (s’il a encore droit à ce titre) cherche à donner un équivalent de l’art et de la pensée de l'original, sans se plier à le suivre 1.

Cowley aurait assurément accepté cette classification. Comme Dryden, il refuse dès i’abord de s’en tenir à la métaphrase. Dryden la compare à la danse sur une corde raide. Lui, déclare : « Si quelqu'un entreprenait de traduire Pindare mot à mot, on pourrait croire qu’un fou en aurait traduit un autre »2. C’est qu'il ne respecte pas les Anciens, ou du moins il ne les respecte pas à notre manière. Il les aime, non pour eux-mêmes, mais pour ce qu’ils lui apportent. Plus que des jouissances désintéressées il leur demande un soutien pour son art, un stimulant pour sa pensée. I1 voit dans la traduction, en même temps qu’un enrichissement personnel, un moyen d’accroitre le patrimoine intellectuel

1. Preface to the translation of Ovid's Epistles, cité par KE. Essays of John Dryden, I, p. 217.

Page 1