Cf. Préface aux Odes pindariques, 1, p
l’approuvent hautement, et Perrot d’Ablancourt, érigeant son exemple en système, lance la mode des « belles infidèles » 8. En Angleterre, Chapman traduisant Homère, et Sylvester traduisant du Bartas ne se font pas faute d’introduire des ornements de leur ‘ cru. Mais il n’y a pas chez eux de théorie bien définie, et ils semblent obéir plutôt à un instinct qu’à un principe.
L'idée était dans l’air. Avec sa finesse accoutumée d’intuition, Cowley la saisit, et lui donne une expression systématique qu’elle n'avait pas reçue. Mais il partage cette originalité avec John Denham. Sprat lui-même renonce à lui en attribuer la découverte : « Je n’irai pas jusqu’à dire que M. Cowley en fut absolument l'inventeur; car je sais que d’autres ont eu la bonne fortune de la recommander avant lui dans des ouvrages imprimés » ©.
Lorsqu’en 1647, Richard Fanshawe publia sa traduction de 11 Pastor Fido, une poésie de Denham la précédait, et la louait en ces termes :
That servile path thou nobly dost decline
Of tracing word by word and line by line.
Those are the labour’d births of slavish brains, Not the effect of Poetry, but pains
A new and nobler way thou dost pursue
To make translations and translators too,
They but preserve the ashes, thou the flame, True to his Sense, but truer to his Fame...
Wisely restoring whatsoever grace Is lost by change of times, or tongues, or place 10.
Ces vers renferment tout l’essentiel de la doctrine de Cowley. Est-ce à dire que Denham la lui ait inspirée ? Nous croirions plutôt à une collaboration qu’à une influence unilatérale. Denham et Cowley se connaissaient. En 1647, ils servaient tous deux la reine en exil. Quoi d'étonnant qu'ils aient abordé cette question en leurs propos et se soient mutuellement communiqué leurs idées ? Sprat affirme que Cowley a eu l’idée de la traduction libre aussi tôt que quiconque 11. Nous n’avons aucune raison de ne