‹ Abraham CowleyChapitre 287 sur 429 · The second Olympique ode, st. 10, p · texte numérisé non relu

The second Olympique ode, st. 10, p

19. Of Avarice. Horace, Satire I, II, p. 439, v. 31. — Of Agriculture. Horace Epode 2, p. 413, v. 11. Il remplace un peuplier par un orme, plus anglais (Epode d'Horace, p. 412, v. 20), une petite rivière italienne par le Nil (Horace, Sat.-I p.440". 5); "etc.

20. Suppression d’une allusion contemporaine (Of Avarice. Martial, IV, 5, p. 445), de détails mythologiques et historiques (Of Agriculture, Virgile. Géorgiques, p. 410, v. 27 et 35).

21. Of Agriculture. Virgile. Géorgiques, p. 410, v. 15, 33. — Of Obscurity. Sénèque. Thyeste, p. 400, v. 7 et 8. — Of Greatness. Horace, IT, 1, p. 434, v. 3.

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l'original les dessins fantasques qui nous rappellent le poète métaphysique.

C’est d’ailleurs là le plus grave reproche que l’on puîsse lui adresser. Le plaisir qu’il éprouve à traiter des sujets familiers, uni à son désir constant de trouvailles verbales, l’entraîne à des longueurs qui ne sont pas sans charme, mais qui affaiblissent l'original. Ce défaut est sensible surtout lorsqu'il traduit les épigrammes acérées de Martial. Ne va-t-il pas jusqu’à enfler à trente vers une épigramme qui chez Martial en a treize? 22. Nous déplorons aussi une certaine tendance à l’abstraction qui le pousse à développer outre mesure des idées philosophiques ou morales, quitte à supprimer les passages purement descriptifs. À chaque instant une sentence, une maxime, font irruption dans le texte, tandis que le pittoresque recule, sacrifié. Martial brosse en six vers charmants et colorés le tableau de la vie qu’il voudrait mener. Qui voudrait supporter la ville, demande-t-il?

Cui licet exuviis nemoris rurisque beati Ante focum plenas explicuisse plagas ?

Et piscem tremula salientem ducere seta, Flavaque de rubro promere mella cado ?

Pinguis inaequales onerat cui villica mensas, Et sua non emptus praeparat ova cinis ?

Cowley résume :

When in the fresh and beauteous Fields he may With various healthful pleasures fill the day ?

Deux vers pauvres et plats, des images vagues, des épithètes de citadin lui suffisent. Par contre, la conclusion rapide de Martial :

Non amet hanc vitam, quisquis me non amat, opto : Vivat et urbanis albus in officiis.

s’amplifie chez lui :

22. Ep. 47. Livre 10, p. 460. L’amplification paraît vraiment systématique : « Non ingratus ager » devient :

« Take such a ground, whose gratitude may be À fair encouragement for Industry » (v. 8 et 9). et « Mens quieta » :

« Thy active mind in equal temper keep In undisturbed peace, yet not in sleep » (v. 14 et 15), etc.

If there be Man (ye Gods) I ought to Hate,

| Dependance and Attendance be his Fate

L Still let him Busie be, and in a crowd,

And very much a Slave, and very Proud :

Thus he perhaps Pow’rful and Rich may grow:

No matter, o ye Gods ! this l’le allow. é But let him Peace and Freedome never see; Let him not love this Life, who loves not Me 23.

Ce développement est d’ailleurs d’une lecture fort agréable, et remplace le charme de l'original par un charme nouveau, plus alangui et plus raffiné à la fois, qui est bien la marque de Cowley. Ses imitations ne sont pas toujours heureuses: mais les défauts y sont bien discrets comparés aux qualités, et la plupart disparaîtraient d’ailleurs si nous jugions Cowiey d’après ses intentions. Ne traitons donc pas ses paraphrases en traductions, n’exigeons pas d'elles une fidélité scrupuleuse. Elles ne sont pas faites pour être comparées à l’original, mais pour le remplacer. Ecoutons-le revivre, à la suite de Claudien, le rêve de l’Age d’or :

Happy the Man, who his whole time doth bound Within th’enclosure of his little ground.

Happy the Man, whom the same humble place, (th’hereditary Cottage of his Race)

From his first rising infancy has known,

And by degrees sees gently bending down,

With natural propension to that Earth

Which both preserv’d his Life, and gave him birth. Him no false distant lights by fortune set,

Could ever into foolish wandrings get.

He never dangers either saw, or fear’d :

The dreadful stormes at Sea he never heard.

He never heard the shrill allarms of War,

Or the worse noises of the Lawyers Bar.

No change of Consuls marks to him the year,

The change of seasons is his Calendar.

The Cold and Heat, Winter and Summer shows, Autumn by Fruits, and Spring by Flow’rs he knows. He measures Time by Land-marks, and has found For the whole day the Dial of his ground.

23. Of Liberty, IL, p. 376. Martial, Ep. 56, livre 1. Cf. des affaiblissements semblables dans l’Epode d’Horace (Of Agriculture, p. 412, v. 30..), dans l’ode : « Odi profanum vulgus.… » (Of Greatness, IT, p. 456, st. 5 et 6).

A neighbouring Wood born with himself he sees,

And loves his old contemporary Trees.

H’as only heard of near Verona’s Name, EN And knows it like the /Zndies, but by Fame.

Does with a like concernment notice take

Of the Red-Sea, and of Benacus Lake.

Thus Health and Strengh he to’ a third age enjoyes, And sees a long Posterity of Boys.

About the spacious World let others roam,

The Voyage Life is longest made at home 24.

Songeons-nous à lui reprocher de mettre trente vers à peindre ce que Claudien décrit en vingt-deux? Considérons ses paraphrases comme des poésies originales, sur un thème traité jadis par Virgile, Horace, Martial, et nous ne pourrons que nous incliner devant la maîtrise et l’aisance de leur humanisme.

24. Claudian’s 6ld man of Verona (The dangers of an Honest man in much Company, II, p. 447).

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