SPRAT. Account, p. xXVI
3. De Plantarum Libri sex, I, pp. 1 et 2 (Poemata Latina, 1668).
La
plantes qui peuvent influer sur l’enfantement et l’accouchement :
Splendebat coeli de vertice Cynthia Summo, Atque udo tumidus lumine vultus erat.
Conveniunt Plantae motis radicibus omnes, Nobilis Oxonii quas sacer Hortus alit; Omnes foeminei quibus est tutela doloris :
Orpheam credas signa dedisse Lyram 4,
et, la discussion traînant, il invente un moyen ingénieux de lever la séance : le jardinier fait brusquement irruption pour chercher des plantes qui soulageront sa femme, sur le point d’accoucher, et met la foule timide en fuite 5.
Au troisième et au quatrième livre, les fleurs comparaissent devant Flore, et chacune exalte sa beauté ou ses vertus. Ne sachant à qui donner la palme, Flore décide, dans sa sagesse, d’organiser les fleurs à la romaine, en une république où les honneurs passeront tous les ans des unes aux autres. Le cinquième livre met aux prises les arbres de l’ancien et du nouveau monde, sous la présidence de Pomone. La paix de l’assemblée est troublée par un querelle entre le Bacchus américain et le Bacchus européen, et seul un hymne d’Apollon à Christophe Colomb peut rétablir le calme. Quant au sixième et dernier livre, il est consacré au chêne, l’arbre anglais, celui qui sauva Charles II après Worcester. Cowley en profite pour exalter le courage du roi, et la puissance anglaise, comme Virgile avait célébré Auguste et Rome.
L’ingéniosité des détails ne le cède en rien à celle que l’auteur déploie dans la composition. La matière étant pauvre et bien prosaïque, Cowley l’embellit de son mieux. D’abord, il personnifie ses végétaux, et les dote chacun d’un caractère et d’un tempérament distincts : la ronce a une liberté de langage cynique: la dictame est bavarde et menteuse comme un Grec; la rose est belle et délicate: la myrrhe est si timide qu’on peut à peine la décider à parler 6. Puis, il décrit leur aspect physique, leurs habitudes, leurs qualités, mi en savant, mi en poète. Et surtout, il ne manque pas de se rappeler les fables antiques dont les plantes sont les héroïnes. Le nénuphar a été Déjanire, le laurier est l’arbre d’Apollon,