‹ Abraham CowleyChapitre 290 sur 429 · Pages · texte numérisé non relu

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la myrrhe, le crocus, le narcisse se souviennent de leurs origines.

A ces ornements fournis par le sujet, Cowley ajoute ceux qu’il tire de son esprit fertile : images, comparaisons, conceits s’accumulent : telle cette définition du sommeil léthargique :

Heu vitam affinem similemque per omnia Morti ! In sola Vitam Mors brevitate refert 7,

ou l’idée imprévue de la forêt forgeant elle-même l’instrument de sa mort :

Caeditur et ferro, et ferro succisa coquendo

Inservit, propriaeque infoelix tristia mortis

Instrumenta facit; sibi damnum parturit ipsa Arboribus faecunda super, subtusque metallis 8.

Nous retrouvons partout, comme dans la Davidéide, l'effort continu vers l'esprit, le désir envahissant de nouveauté à tout prix ?. Là, les intentions érudites étaient masquées par l’afflux des images; ici, c’est la valeur médicale du livre qui souffre des conventions poétiques. Et si la noblesse générale du ton de la Davidéide rachète beaucoup d’erreurs, nous ne saurions en dire autant du De Plantarum où le sujet reste, en dépit des efforts du poète, humble et terre à terre, sauf dans le dernier livre où son patriotisme lui inspire des accents graves et fermes.

Ce n’est pas sans raison que Sprat laisse percer une préférence pour ses pièces plus brèves, surtout pour ses épîtres à la manière d’Horace 10, Dans les deux exemples qui nous restent, nous apprécions l’amicale ironie de ces vers à Cresswell, sur son incapacité à renoncer à la poésie :

Tu quoque, ni fallor, qui Mundi arcana futuri

Voce tonas populo, mysteria magna locutus,

Esset de Coelo Elias tanquam ipse reversus,

Nocte, domi paulatim hominem atque humana resumens Post Bacchi calices et fumos nobilis Herbae,

(Nempe scio moderate, ut et ipse quoque utor utrisque) Nectere carmen amas tenerum, lepidoque furore

Non sine nequitiis resolutum ludere doctis.

Ergo eadem peccanti aequum est te ignoscere amico:;

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