‹ Abraham CowleyChapitre 29 sur 429 · Citée par Waller dans son édition de Cowley, II, p · texte numérisé non relu

Citée par Waller dans son édition de Cowley, II, p

font preuve de libéralisme. Williams n'avait pas encore quitté le collège de St. John à Cambridge, qu’il offensait déjà à la fois puritains et anglicans par sa tolérance, ses essais de conciliation raisonnable des vues les plus opposées. Il choquait les premiers en prenant partie pour la hiérarchie et les cérémonies de l’église établie, et il se faisait de nombreux ennemis dans le camp adverse en assistant aux sermons du puritain William Perkins. Aussi s'est-il montré, dès le début, l’adversaire résolu de l’autoritaire Laud, et Osbaldeston le seconde dans sa lutte contre l’intransigeance du prélat; ils ne peuvent être rangés ni l’un ni l’autre parmi les puritains, car ils détestent leur véhémence destructive, mais ils ont une horreur égale de l’étroitesse d’esprit qui dicte à Laud ses projets de réforme. Ce sont des partisans de cette large église qui réunirait toutes les sectes, en dehors des subtilités de la casuistique, dans une communion d'idées raisonnables et tolérantes.

Politiquement, ils soutiennent les droits de la nation contre l’absolutisme royal. Sous Jacques I”, Williams donnait à Buckingham de sages conseils de modération; comme Chancelier, au début du règne de Charles, il a osé faire opposition aux projets du jeune roi et de son favori; lorsque la Chambre des Communes de 1628 présente la « Pétition des Droits », il prend rang parmi ses défenseurs. Aussi ses ennemis trouvent-ils auprès de Charles un accueil favorable, et, à partir de 1628, dès avant l’entrée de Cowley à l’école, il est en butte à de violentes attaques. Poursuivi sans résultat en 1628, devant la Chambre Etoilée pour avoir révélé des secrets d'Etat, puis, en 1633, pour avoir suborné des témoins, il finit par être condamné à dix mille livres d'amende, privé de tous ses bénéfices, et emprisonné dans la Tour. Laud, poursuivant sa victoire, le fera à nouveau condamner en 1639 à une forte amende, et Osbaldeston dont les lettres avaient fourni la matière à cette nouvelle poursuite, sera expulsé de sa charge de directeur, condamné à deux amendes de cinq mille livres chacune, et à avoir les oreilles coupées, au pilori, en présence de ses élèves 36.

36. Williams restera dans la Tour jusqu’en décembre 1640 : au moment de la réunion du Long Parlement, il est mis en liberté et toutes ses dignités

Quoiqu'il en soit, sous l'influence de Williams et d’Osbaldeston l’école vit dans une atmosphère politique active. Comme les maitres, les élèves sont les loyaux sujets du roi: tous les ans, ils lui adressent en hommage un recueil de poèmes. L’ode que Cowley a concacrée à exalter le bonheur de l’Angleterre sous le règne de Charles y a sans doute figuré 37. Ils célèbrent également les grands événements du règne, et Cowley a chanté avec ses camarades le voyage du roi en Ecosse pour son couronnement en 1633 38, la naissance du duc d’York en 1634 39, et celle de la princesse Elisabeth en 1635 40.

Mais le loyalisme des élèves ne s’étend pas à la politique royale. Ils détestent Laud qui est, pour eux, le vivant symbole de l’absolutisme et de l'arbitraire, et le Parlement trouve en eux de chauds partisans. Malgré leur jeunesse, leur voix n’est pas sans portée, leurs opinions comptent, comme elles compteront quand ils seront parvenus à l’Université 41.

Cowley n’est pas resté à l’écart de toute cette agitation, et d’ailleurs les opinions, l’état d'esprit de son nouveau milieu ne diffèrent guère de ceux dont il a déjà subi l'influence dans sa première enfance. Les idées religieuses et politiques qu’il a commencé d'acquérir dans la cité se trouvent seulement renforcées par l’exemple des maîtres qu’il admire. Mais elles ont pu être affinées, nuancées, et c’est sans doute en grande partie à l’action dé Williams et d’Osbaldeston que Cowley doit la modération, la haine des extrêmes, qui resteront un de ses traits dominants.

lui sont rendues. Cowley a écrit un poème pour célébrer sa sortie de prison, le louant de son courage dans l’adversité (To the Bishop of LincoLN, Upon his enlargement out of the Tower, I, p. 28). Un critique moderne (STEBBING. Op. cit., p. 52) a voulu y voir une preuve de l’hostilité de Cowley à l’endroit de la politique royale. Et ce serait évidemment le cas, si le poème a été vraiment écrit en 1640. Mais Williams a été à nouveau emprisonné dans la Tour, cette fois par ordre du Parlement, de décembre 1641 au 5 mai 1642, pour avoir défendu Conway contre les Communes; et si le poème de Cowley se place, comme c’est très vraisemblable, à cette dernière date, c’est à la victime de la rébellion anti-royaliste qu’il s’adresse, et non à la victime de l'arbitraire royal.

37. Ode. In commendation of the time we live under the Reign of our gracious King CHARLES, II, p. 68.

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