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Epitaphium Vivi Auctoris (Poemata Latina, p

13. CoErinGE. Biographia Literaria (Oxford edition, 1907, vol. II, p. 207 : « He barbarizes, his Latinity, and even his metre by the heterogeneous nature of his thoughts ».… Cf. W. S. Lanpor. Imaginary conversations (éd. C. G. Crump, 1891, vol. IV, p. 291). « There is no latin verse of Cowley worth preservation.…. » Cf. aussi E. K. Ranr. Milton in rustication (Studies in Philology, vol. XIX. April 1924) : « Cowley… throws together things that blend no better than oil and water... » (p. 119). T. Warton conclut sa comparaison du latin de Cowley et de celui de Milton en décla-

d’une manière indépendante ses propres idées, alors que Milton répète surtout dans leur langue la pensée des Anciens 14.

L'esprit métaphysique colore trop le style de Cowiey pouÿ qu’on puisse juger la forme pour elle-même. Ses poèmes latins ne nous apportent, en somme, aucune révélation, rien que ses poèmes anglais ne nous aient déjà appris.

Ils ne sont cependant pas sans intérêt pour nous, car ils nous permettent de mieux situer Cowley dans son temps et dans son milieu. Ils montrent l'intervalle qui sépare sa génération de la génération antérieure. Prenons, par exemple, Bacon. Il est convaincu que les écrits en latin seuls survivront, les ouvrages. en langue vulgaire devant rapidement sombrer dans l’oubli : et les Essais, délassement d’une heure, destinés à instruire courtisans et mondains, nous sont offerts en anglais, tandis que toute son œuvre solide est en latin. Cowley, lui, a foi dans sa langue nationale, et il compte sur ses œuvres anglaises pour rendre son nom glorieux. Mais il a encore un immense respect pour la langue de Virgile et de Cicéron, et peut-être pouvons-nous voir dans sa traduction du premier livre de la Davidéide un vestige de l’ancienne foi, et comme une assurance contre l’oubli que prédisait Bacon ?

Grâce à son emploi du docte langage, nous pouvons, en outre, lui assigner sa place exacte parmi ses propres contemporains. S'il avait vécu à sa guise, il serait resté à Cambridge, et il aurait continué la tradition des beaux esprits d'Université. Le sort, le chassant du « Temple du savoir », l’a confondu avec la troupe nombreuse des poètes qui vivent à la cour ou à la ville. Mais il n’y a dépouillé qu’imparfaitement l’esprit universitaire. Il n’étale pas son savoir sans complaisance. Ïl se trouve représenter ainsi, avec Milton, avec Marvell, plutôt l’ancien que le nouvel état de choses. Il est ici le poète érudit, le « docte poète » cher au seizième siècle, plus que le poète « honnête homme » dont le dix-septième siècle, tout au moins vers la fin, va faire son idéal, et que personnifient déjà, parmi ses contemporains, les purs « cavaliers », un Carew, un Suckling, un Lovelace.

rant : « He (Milton) was a more just thinker, and therefore a more just writer » (Poems of John Milton, edited by Thomas Warton.…. London, 1785, Préface, p. xviri).

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