‹ Abraham CowleyChapitre 294 sur 429 · CHAPITRE PREMIER x · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER x

La phrase de Cowley frappe dès l’abord par son allure tendue, volontaire. Elle est souvent longue et touffue; mais elle est rarement obscure : et sa complexité naît de la pensée beaucoup plus que de la manière dont les propositions s’enchaînent. Cowley ne connaît pas le « sweet disorder » cher à Herrick 1, ni le dilettantisme paresseux de Marvell 2. À vrai dire, la nonchalance ne lui aurait pas été permise : il est poète de profession, il vit, ou voudrait vivre, de sa plume, et la poésie n’est pas pour lui un passetemps raffiné, mais sa raison d’être. L'application était son devoir le plus élémentaire.

Aussi sa syntaxe est-elle, au total, correcte, sa langue bien assise et ordonnée. Sans doute, nous y rencontrons certaines hésitations dans l’emploi des différentes parties du discours. Cowley, par exemple, met le pronom à la place de l’adjectif possessif devant un nom commençant par une voyelle 3; il forme indifféremment ses comparatifs et ses superlatifs à la manière analytique ou à la manière synthétique #; il construit le cas possessif tantôt correctement, tantôt par la forme en « his » 5.

Il lui arrive fréquemment d'employer un adjectif adverbiale-

Page 1