Cf. sur ce point, F. DELATTRE Op. cit., p
phores, de combinaisons imprévues d’images et d'idées. L'image rêgne en maîtresse dans ses vers.
Nous la trouvons d’abord représentée à son degré élémentaire, par les épithètes. Quoiqu’en dise Johnson, Cowley n’a garde de négliger cet ornement-si simple et si maniable 48. Il en abuse même parfois, surtout dans les descriptions. Rappelons-nous ce tableau du départ de la Muse :
Go, the rich Chariot instantly prepare :
The Queen, my Muse, will take the air; Unruly Phansie with strong Judgment trace, Put in nimble-footed Wit, Smooth-paced Eloquence joyn with it, Sound Memory with young /nvention place, Harness all the winged race... 49.
Encore les épithètes enrichissent-elles ici le sens; elles expliquent et suggèrent. Mais ailleurs, elles ne font qu’encombrer, comme dans ce tableau où les animaux sont atteints d’une plaie d'Egypte :
The Labouring Ox drops down before the Plow.….
The generous Horse from the full Manger turns his Head... The starving Sheep refuse to feed...
The faithful Dogs lie gasping by them there. 50.
Ne sentons-nous pas l’application systématique d’une théorie? L’abondance des épithètes dans cette poésie a pour base une convention d’après laquelle l’élégance d’une description réside pour une large part dans le qualificatif dont le nom s'accompagne.
Par surcroît, la convention s’étend trop souvent au choix de ces épithètes. Nombreuses sont celles qu’il emprunte au répertoire traditionnel et fait passer telles quelles dans ses vers. Il était naturel pour l’écolier de Westminster de s’appuyer sur des modèles éprouvés, et nous ne sommes pas surpris de trouver réunis dans un poème de jeunesse « the black stygian Hall », « the dire Tartarean monsters », « dismale Erebus », « blind Boldnesse »,
48. Johnson affirme (Life of Cowley, p. 50) : « He has few epithets ». I1 est vrai qu’il continue : « … and those scattered without peculiar propriety or nice adaptation », et ce jugement est moins contestable.