Dav.,; Ill, v. 514-516; p
54, The Rich Rival, st. 2 et st. 4, p. 108. The Parting, st. 2, p. 117. Dav. EPA 109 D 34361 D 01
55. The Change, p. 76. Même dans les cas où l’épithète descriptive nous plaît, et nous paraît le fruit d’une observation personnelle, nous risquons de nous tromper. Avant d'admirer l’image « fleecy snow », lisons la note qui la commente : nous y verrons que ce n’est pas une notation pittoresque, mais une réminiscence biblique : Dav., III, v. 299, p. 331, et n. 41, p. 359 : & Psalm 147 : He Giveth snow like wool. »
dans la grisaille monotone des épithètes vagues ou prosaïques; les arbres sont « beauteous », les fleurs « gay » et « fair », les fontaines «< murmuring », le chant des oiseaux « rural », le lait « nourishing! » 56, Cowley semble se refuser à l’observation personneile et ne vouloir noter que les caractères permanents, et évidents, des choses. Au lieu de chercher dans le monde physique des impressions neuves, il en résume, dans ses épithètes, l'aspect universellement consacré par la tradition.
Beaucoup plus nombreuses et plus originales sont les épithètes qui s’appliquent à la vie de l’esprit et nous font pénétrer dans le domaine de l’abstraction. Les polysyllabes, pour lesquels il éprouve, nous le savons, une prédilection si marquée, sont pour la plupart des épithètes de ce genre : il aime parler de « intolerable fate », de « hieroglyphic marks », de « unintelligible variety », de « mathematick doubts » 57, et il reste bien significatif de le voir unir, comme il ie fait, le concret et l’abstrait, soit qu'il accole à un nom abstrait une épithète concrète « unfledged valour », « silver reverence », « spacious boast » 58, soit qu’il pénètre de vie humaine, grâce à l’épithète, les objets naturels : « the glad burden », « the dull shore », « the chaste stream », « the passionate buds », « the officious clouds » 59.
Il cherche, en somme, la nouveauté, non dans l’observation, mais dans l’analyse et les alliances de mots qui réunissent des éléments dissemblables de la vie, dans la complexité et l’inattendu. Les plus personnelles de ses épithètes appartiennent autant au domaine de la pensée qu’à celui de l’art.
Elles naissent du moins d’un art conscient et médité; une note de la Davidéide nous en apporte la preuve. Il faut, nous dit-il, ne placer qu'avec précaution l’adjectif après le nom : quand il exprime une « différence spécifique » du substantif, lorsqu'il modifie sa nature, ou bien quand l’euphonie et le rythme le demandent.
na — —
56. The Spring, p. 70. The Garden, st. 4 et 5 (II, p. 424). The Plagues of
E PESTE lp 220; k
ST. On the Death of Mr. William Hervey, st. 1, p. 32. The Soul, st. 3, p. 84. B ty, st. 1, p. 116. The Incurable, st. 2, p. 143, etc.
8 ra IIX, v. 499, p. 336. 1bid., IL, v. 707, p. 301. The Plagues of Egypt, st. 8, p. 223. i . 59. pr I, v. 19, p. 242, v. 56, p. 243, v. 677, p. 259 et v. 898, p. 264. The Plagues of Egypt, st. 10, p. 224. The Extasie, st. 1, p. 204.
Mais ici, il est question d'oreille et non plus de règle 60. La remarque offre un double intérêt. Outre qu’elle nous fait toucher du doigt l’extrême probité artistique de Cowley, elle nous ‘permet une fois de plus, de constater l’orientation naturelle de son goût : « I chuse rather to say light divine, and command divine, than divine light, and divine command ». Pourquoi cette préférence, dont il donne de multiples preuves 61, sinon parce que l’épithète placée après le nom revêt un caractère solennel et emphatique qui s’adapte parfaitement aux exigences du style oratoire ?
EE L'étude des comparaisons et des métaphores va, dans l’ensemble, nous amener à des conclusions analogues. Elles sont d’abord, et nous ne saurions nous eñ étonner, fort nombreuses. Parfois
elles s'étendent sur une strophe entière 63; parfois même elles semblent constituer l’armature du poème 64.
60. Dav., II, n. 6, p. 307. « There is great caution to be used in English in the placing of adjectives (as here) after their substantives. I think when they constitute specifical differences of the substantives, they follow best ‘ for then they are to it like cognomina, or surnames to names, and we must not say, the great Pompey, or the Happy Sylla, but Pompey the Great, and Sylla the Happy; sometimes even in other cases the epithete is put last very gracefully, of which a good ear must be the judge for ought I know without any rule, I chuse rather to say light Divine, and command Divnie, than Divine light, and Divine command. »
61. Sans compter les « hands divine », « mysteries divine », « truth divine », « ayres divine », « things divine », etc., nous trouvons « things immortal » (To M. Hobs, st. 6, p. 190), « bodies infinite » (The Plagues of Egypt, st. 8, p. 223), « nations numberless » (1bid.), « The scenes invisible of night » (lbid., st. 13, p. 226), « bounty immense » (To lord Broghill, st. 2, I, p. 407), « a wall impervious » (Upon Dr. Harvey, st. 2, p. 417), « a point imaginary » (Maidenhead, st. 1 p. 129), « The islands fortunate » (The 2d. Olympique Ode, st. 7, p. 160), « th’empire sensitive » (To Dr. Scarborough, st. 4, p. 199), etc.., qui charment évidemment l’oreille de Cowley.