Cf. dans Despair, st. 4, p
« ÀÂh Sottish soul, said I, When back to its cage again I saw it fly, Fool to resume her broken chain !
And row her galley once again ! »
Cf. aussi The Usurpation, st. 5, p. 125. Cf. The Complaint, st. 7, p. 439.
63. Cf. Resolved to be beloved, st. 2, 3, 4, 5, p. 96. Hymn to Light, st. 1, 2, 3, p. 444.
64. Le poème Honour (p. 144), par exemple, est bâti sur deux images : les strophes 1 et 2 sur l’honneur symbolisé par une place forte, les strophes 3 et 4, par un fantôme. Les images bibliques forment comme un arrière plan continu au poème The Complaint, en particulier les strophes 2, 3, 4, 5, 7, pp. 435, 439...
LE STYLE POÉTIQUE 5ii
Sous quelque forme qu’elles paraissent, elles enveloppent toujours l’idée de leur manteau chatoyant.
A l’abondance s’ajoute la variété. Elles sont issues des sources les plus diverses. Dans son désir de nouveauté, Cowley nous fait Parcourir la gamme de ses connaissances et nous donne comme la < Somme » de son esprit : l'Antiquité classique et chrétienne, la géographie, l’histoire, la science, aussi bien que l'observation de la nature et de la vie de société, tout lui est matière à images.
Il puise amplement dans les livres, et nous ne sommes pas surpris de trouver au premier rang de ses sources érudites l’Antiquité gréco-latine. Celle-ci est pour lui un réservoir inépuisable de métaphores et de comparaisons. Les Dieux de l’Olympe 64, les héros de la légende 65 et de la poésie 66 se pressent en foule dans ses vers. Du monde des fables et de la littérature passant à l’histoire, il étale complaisamment son érudition classique 67, De l’Antiquité, il a hérité aussi le goût des personnifications, et nous retrouvons, dans ses vers, les symboles familiers : les ailes du Temps, la roue de la Fortune, les cornes du Dilemne, la chaîne du Destin, la trompette de la Renommée 68. Il est vrai qu'ici s’ajoute l'influence du Moyen Age, et Cowley peuple ses vers d’al-
64. Au premier rang nous trouvons naturellement Jupiter, Apollon, Vénus et Cupidon, sans parler de Neptune, de Vulcain, de Mars, de Bacchus, de Diane, de Pallas, de Cybèle, de Cérès, des Parques, de Pan (dans Love’s Riddle).
65. Nous voyons défiler Narcisse, Orphée, Tantale, Pygmalion, les Titans, Hercule, Ariane, Icare, Arachné, Agavé, Galatée, d’autres encore, et aussi les couples célèbres : Apollon et Daphné, Héro et Léandre, Oreste et Pylade.…
66. Viennent ensuite les personnages de l’Eneide : Enée, Didon, Turnus, Ascagne.
67. C’est, par exemple, le siège de Troie (Dav., II, 129, p. 327), Xerxès (A Paraphrase on an Ode in Horace’s third book, st. 4, II, p. 442), Philippe de Macédoine (Ibid. st. 2, II, p. 441), Alexandre (Loving me and then loving many, v. 17, p. 79), César (Impossibilities, st. 1, p. 130; À Poem on the Civil war, v. 67, II, p. 468), Pompée (Life and fame, st. 2, p. 202), Archimède (To Dr. Scarborough, st. 6, p. 200), les Scythes (The Plagues of Egypt, st. 8, p. 223; To Light, st. 8, p. 445), etc. Il montre aussi sa connaissance de la civilisation antique, surtout dans la Davidéide, mais aussi dans des images sur l’armée romaine (Ode : His Majesties Restoration.…., st. 11, v. 20, p. 427) ou sur la conquête romaine (On Orinda’s poems, st. 4, p. 406).
68. Les ailes du Temps ({nconstancy, v. 24, p. 74; The long Life, p. 93; Dav., III, v. 329, p. 332), la roue de la fortune (The Distance, st. 3, p. 122), les cornes du Dilemne (Against Hope, st. 1, p. 109), la chaîne du Destin (My
légories telles que Honneur, Coutume, Crainte, Danger, Espoir, Péché 69. È
Paganisme et christianisme se mélangent d’ailleurs sans cesse chez lui, et l’on sait que cette union est une des caractéristiques de l’'humanisme de l’époque 70. Aussi, à côté de l’humaniste, toujours prêt à piller le beau domaine des Anciens, trouvons-nous le chrétien, et les images bibliques s'ajoutent aux images tirées de la mythologie, non seulement dans la Davidéide (où elles étaient à leur place), mais dans toute l’œuvre et même dans The Mistress (où certains critiques sévères les ont trouvées fort déplacées) 71, A la vérité, il met l’Ecriture Sainte sur le même pied que la mythologie, ne demandant à l’une comme à l’autre que des images nouvelles et ingénieuses, sans attacher d'importance à la différence de leur origine et de leur vérité. Les doctrines de la Bible lui sont sacrées, mais le récit biblique aide, au même titre que ses autres connaissances, à l’expression poétique de ses idées, sa foi restant en dehors 72.
C’est dans le même esprit qu'il utilise la religion proprement dite et les questions religieuses. Nous voyons figurer dans ses
Fate, st. 2, p. 126; Dav., I, v. 122, p. 245), la trompette de la Renommée (The Motto, v. 14, p. 15). Cf. encore le fil de la vie (Davw., I, v. 613, p. 257), les balances de la vertu (Brutus, st. 3, v. 10, p. 196), le livre du Destin (To the New Year, st. 4, p. 208; On... M. Jordan, v. 38, II, p. 22; Davw., III, v. 438, p. 335).
69. L’Honneur (Honour, st. 2, p. 144), la Coutume (Daw., III, v. 820, p. 345), la Crainte (Dav., IV, v. 721, p. 383, v. 781, p. 384), le Danger (Davw., II, v. 479, p. 296, IV, v. 689, p. 382), l'Espoir (For Hope, p. 110; Against Hope, p. 109; Dav., II, v. 857, p. 346), le Péché (The Plagues of Egypt, st. 1, p. 219). Cf. encore la Conquête (Civil War, v. 260, II, p. 473 et v. 495, p. 470), l’Abondance et la Bonté (4 Discourse, st. 1, II, p. 344), la Paix (1bid., s. 1, p. 343), la Fantaisie (Dav., I, v. 438, p. 295, IV, v. 967, p. 389), l'Autorité (To the Royal Society, st. 3, p. 449).
70. Il arrive souvent qu’il exprime la même idée à l’aide d’une image païenne puis d’une image chrétienne. Il n’établit pas entre elles de différences (Cf. The Passions, st. 3, p. 85), et dans Looking on and Discoursing with his Mistress, st. 1, p. 123, nous trouvons un Tantale christianisé.
71. E. Ecys. An Exclamation.…., 1670, où it parle de « Mr. Cowley’s lascivious and profane verses ». Il trouve dans The Mistress des expressions « provoking to speculative lust and uncleanness » et lui reproche surtout d'employer « these sacred words, Heaven, Deity, divine presence, faith, etc., to set forth his dissolute amorous conceptions » (p. 5).
72. Cf. ses utilisations de la sagesse de Salomon (Wisdom, p. 86; Resolved to Love, St. 5, p. 125); de l’histoire du veau d’or (The Passions, st. 2, p. 85), de la vieillesse de Mathusalem (Love and Life, st. 1, DAS NPTfeNSt 3 0D) 210). des attributs du Dieu des Juifs (Her Name, st. 4, p. 135), de la parabole de
vèrs des anges, des saints, des martyrs, le Paradis, l’Enfer 73, et aussi (avec généralement une intention satirique) des puritains et des papistes, des évêques et des cérémonies catholiques 74.
Faisant flèche de tout bois, il tire parti de l’histoire et de la géographie qu’il sait, non seulement de l’histoire ancienne, mais également de l’histoire moderne et des évènements contemporains 75; quant à la géographie, c’est naturellement le dépaysement de l’exotisme qu’il lui demande, et il nous transporte grâce à elle, vers les pays fabuleux, la Chine, le Pérou, le Groenland, les Indes 76,
Cependant, il ne reste pas toujours l’esciave de sa mémoire
l’enfant prodigue (The Welcome, st. 1, p. 103; The Complaint, st. 2, p. 436), de la captivité en Egypte (Ode upon his Majesties Restoration…, st. 8, v. 14, p. 425; To the Royal Society, st. 5, p. 450), de la manne céleste (The Complaint, st. 5, v. 16, p. 438; Resolved to be. beloved, st. 6, p. 96; For Hope, st. 1, p. 110), de l’histoire de Jacob et de Rachel (The Complaint, st. 5, p. 438), sans compter d'innombrables allusions aux personnages et aux coutumes bibliques. |
73. Anges (The Thraldome, st. 2, p. 67; My heart discovered, v. 13, p. 79; The waiting maid, st. 5, p. 138; Verses lost upon a Wager, st. 3, p. 149), démons (4 Poem on the Civil war, v. 307, Il, p. 474; To Dr. Scarborough, st. 3, v. 18, p. 199), saints (Clad all in White, st. 4, p. 78; The innocent Ill, st. 2, p. 145), martyrs (The Gazers, st. 3, p. 143; Upon his Majesties Restoration, st. 15, p. 429), enfer (The Usurpation, st. 5, p. 128), paradis (The given Love, st. 4, p. 69; The Welcome, st. 5, p. 104).
74. Puritains et papistes (Not Fair, v. 28, p. 75), évêques nommés par Rome (Of. Wit., st. 3, p. 17), mitres d’évêques (A Poem on the Civil War, v. 149, II, p. 471), rites catholiques (An Answer to a copy of Verses…, v. 2, p. 43), prédestination (My fate, st. 3, p. 126)...
75. Cf. des allusions aux richesses de l’Espagne (The given Love, st. 7, p. 70; The Passions, st. 4, p. 85), à la loi salique (The Resolution, st. 3, p. 102), aux invasions turques (To M. Hobs, st. 2, p. 188 et v. 4, p. 190), aux guerres de Belgique (On... M. Jordan, v. 13, p. 21), aux Huns et aux Goths (À Poem on the Civil War, v. 230, IV, p. 473), aux tyrans d'Egypte (The Thraldome, st. 5, p. 68) et de Perse (The Change, st. 3, p. 77), à la guerre civile (The Extasie, st. 2, p. 204; To Dr. Scarborough, st. 1, p. 197; The Complaint, st. 3, v. 4, p. 193; On the Queens repairing Somerset House, v. 10,
à 76. La Chine (The Welcome, st. 5, p. 104), le Pérou (Sitting and Drinking, st. i, p. 412: Ode upon his Majesties Restoration, st. 9, p. 426), le Groenland (The Parting, st. 1, p. 117), les Indes (Leaving me and then Loving many, v. 11, p. 79). Cf. encore l’Etna (The Monopoly, st. 1, p. 120; To M. Hobs, st. 6, p. 190 et n. 1, p. 191; À Poem on the Civil War, v. 385, p. 476), le Nil (Constantia, v. 185, IL, p. 13 et v. 350, p. 18; Horace, Satire I, II, v. 5, p. 440; A Paraphrase on an Ode in Horace’s third book, st. 5, II, p. 442), les Pyramides (On the Death of Mrs. Katherine Philips, st. 1, v. 22, p. 441; Ode. M. Cowley’s book presenting itself.…., st. 2, p. 410).
fidèle: il lui arrive de voir et d'apprécier les miile aspects de la vie. Il note les coutumes, les institutions, les types de la société de son temps, si bien que nous pourrions, en rassemblant les images, reconstituer un tableau curieux de la civilisation du XVII: siècle. Rien ne lui est indifférent, et les matières les moins poétiques en apparence lui fournissent ses métaphores et ses comparaisons. Nous avons déjà noté, à propos de son vocabulaire, sa prédilection pour les observations techniques, et nous ne nous étonnerons pas de trouver, utilisées pour ses fins poétiques, des remarques sur le jeu d'échecs, les guérisseurs, les entremetteuses, les avares, le commerce, la marine, l’armée 77.
Son œil n’est pas non plus fermé à la nature. Et certes il puise abondamment, comme tous les poètes de tous les temps, à cette inépuisable source d’ornements poétiques. Animaux, plantes, torrents, mers et montagnes, vents et tempêtes, astres, moments du jour, saisons, il n’omet aucun des aspects du monde physique 78. Mais ces images sont une des parties décevantes de son œuvre. L'amour sincère de la nature n’y apparait que de loin en loin, et comme timidement. Il la connaît cependant; il a vu les corneilles sur la tour de l’église, l’'épagneul en arrêt, le vers luisant
77. Le jeu d’échecs (Destinie, st. 1, p. 192), la danse (The Resurrection, st. 2, p. 182), guérisseurs (Wisdom, v. 15, p. 86), entremetteuses (À Dialogue, st. 6, p. 148), avares (lbid., st. 1, p. 147; Love undiscovered, st. 3, p. 100; Bathing, st. 2, p. 150), commerce (The given Love, st. 7, p. 70; On the Death of Mrs. K. Philips, st. 3, p. 442; The 34 Chapter of Isaiah, st. 4, v. 14, p. 213; For Hope, st. 1, v. 7, p. 110), la finance et le droit (Verses lost upon a Wager, st. 4, p. 149; Against Hope, st. 2, p. 109; The Shortness of Life, st. 3, II, p. 450; Dav., IV, v. 190, p. 370; To The Royal Society, st. 1, p. 448), la marine (Called inconstant, st. 2, p. 103; Reason, st. 5, p. 47; To M. Hobs, st. 4, p. 189; Resolved to be beloved, st. 4, p. 96), l’armée (The Thraldome, st. 3, p. 67; Resolved to be beloved (2), st. 2, p. 97; The given Heart, st. 3, p. 100; Beauty, st. 4, p. 117; The Heart-breaking, st. 4, p. 127; The Usurpation, st. 5, p. 128; Maidenhead, st. 5, p. 130; The inconstant, st. 2, p. 133). Innombrables sont les images tirées de l’observation de la vie familière, sur les oiseaux pris au piège (Pyramus, v. 19, II, p. 32; Constantia, v. 333, IL, p. 18), le feu et Phuile (Constantia, v. 352, p. 18; Davw., II, v. 650, p. 340), le réveil du condamné à mort (The Vain Love, v. 32, p. 82), l’âne glissant sur la glace (Weeping, St. 4, p. 137), les rivières souterraines (Silence, st. 3, p. 132), le chant du coq (Dav., IT, v. 602, p. 299), l’enfant et la fronde (Daw., v. 191, D 247): le portier sur sa porte (Maidenhead, st. 5, p. 130).
78. Cf. sur ce point l’étude très détaillée de M. DrEcHSLER. Der Natursinn in Abraham Cowleys Werken, Leipzig, 1908, véritable catalogue des images naturistes de Cowley, que complète le livre de M. Reynozps. The treatment of Nature in Erglish poetry between Pope and Wordsworth, Chicago, 1909,
dans l’herbe, les abeïlles amassant leur butin, et les guêpes toutes prêtes à en prendre leur part 79. Il aime la violette « aux yeux bleus », le petit enfant du printemps, emmailloté de langes violets, et la rose, reine des fleurs, rouge comme l’aube d’un jour de printemps 80; il a noté les jeux de lumière du soleil et des nuages, le reflet tremblant des étoiles dans l’eau, la rivière, verte sous les arbres, tachée d’or par le soleil 81.
Mais ces images gracieuses se perdent dans la foule de celles où des intentions étrangères étouffent l’observation aimante de la nature. Il peint d’abord des objets qu’il ne peut pas avoir vus, des animaux exotiques par exemple, dont il décrit l’aspect et les mœurs, selon la convention poétique. Telles ces comparaisons héroïques, dont la Davidéide est parsemée, sur des tigres, des lions, des loups, des aigles 82. La vérité n'est-elle pas, au reste, accessoire en poésie? Il célèbre à plusieurs reprises le chant mélodieux du cygne 83; mais une note nous prévient qu’il n’y croit pas; s’il fait sienne cette fiction, c’est qu’elle est poétique, et « universellement acceptée » : elle a droit de cité en poésie 84. Aussi, bien qu’empruntées à la nature, certaines de ses images n’ont guère plus de réalité pour lui que celles qu’il tire des fables mythologiques. Pour l’humaniste qu’est notre poète, la nature se transpose souvent en symboles mythologiques. Le soleil est Phébus ou Phaéton, le vent s’appelle Borée ou Notus, l’écho devient une nymphe, le laurier Daphné, la nature elle-même Flore 85.
Au fond, Cowley ne s’intéresse que rarement à la nature prise en elle-même. Sa préoccupation dominante reste l’homme, et la création n'existe que par rapport à lui. Nous voyons la nature sans cesse associée à l’existence humaine. Déjà dans les premiers
79. À Vote, st. 7, IL p. 49; Dav., IV, v. 575, p. 379; To Light, st. 9, p. 445; The Inconstant, st. 6, p. 134; Ode. Upon Liberty, st. 1, II, p. 38%
80. Dav., IL v. 733, p. 302; To Light, st. 20, p. 446; Dav., II, v. 741, p. 302.
81. Not Fair, v. 7, p. 75, et Clad all in White, st. 2, p. 78; Weeping, st. 2, p. 136; Daw., IIL, v. 210, p. 329.
82. Loups (Dav., IV, v. 790, p. 385), lions et tigres (Daw., I, v. 649, p. 258, III, v. 123, p. 327, v. 401, p. 334, v. 501, p. 336), aigles (Dav., IV, v. 556, p.979; Upon Liberty, st. 6, II, p. 391).
83. The Motto, v. 35, p. 16; The Praise of Pindar, n. 4, p. 179; On the Death of M. William Crashaw, v. 37, 1, p. 49; Pyramus, v. 107, II, p. 34.