‹ Abraham CowleyChapitre 306 sur 429 · Jonnsox. Life of Cowley, p · texte numérisé non relu

Jonnsox. Life of Cowley, p

116. Comme l’entendait Johnson lui-même, pour qui tout ce qui s'éloigne de la nature (telle qu’il la conçoit) est détestable: et comme l’ont entendu depuis, maints critiques, de Hazlitt (Lectures on the English Comic Writers, Lecture III (éd. 1900, p. 72...) à Masson (Life of Milton, I, p. 377).

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surpris, et à faire, pour comprendre, un raisonnement, une opération logique, là où il attendait normalement la révélation poétique, ce que l’on a appelé « the imaginative flash » 117, Ainsi s’explique l'impression de nouveauté déconcertante que le conceit provoque en nous : né d’une pensée qui s’exprime par contrastes, il nous arrache à notre routine. C’est dans cette transposition volontaire chez l’auteur, et dans cette inhibition des réactions normales chez le lecteur, que consiste le conceit 118.

Qui dit transposition dit fatalement conscience, préméditation. Pour choisir et associer les éléments du conceit, l’auteur a besoin d’une maîtrise si de lui-même. L'opération qu’il accomplit est, avant tout, d'ordre intellectuel. Mais si l’intellectualisme est un des traits dominants du conceit de Donne, il ne suffit pas à le définir. Son œuvre est soumise à un perpétuel dualisme : il traduit en termes d'intelligence des idées et des sentiments intensément personnels. Son analyse, impersonnelle d’allure, porte sur la plus intime des matières. Il intellectualise l’émotion 119, et l’union de ces éléments contraires donne à sa poésie son caractère unique. Il a le culte des idées, maïs il a aussi un tempérament passionné. Son imagination puissante entraîne sa pensée aux audaces extrêmes, mais derrière le chatoiement de ses conceits on sent la présence d’une personnalité ardente, et ses outrances les plus folles en gardent toujours un accent émouvant de sincérité et de ferveur. Même lorsque, entraîné par l’extraordi-

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