Counsel, st. 3, p
Il refuse de distinguer le moral du physique :
Blood, Brain, and Soul crowd mingled through the Wound.…. Their Swords, their Armour et their Eyes shot flame.
.… and doubly dyde In Blood and Blushes the Philistian pride... 141,
image que nous retrouvons dans les « blushing thorns » qui entouraient la tête du Christ, et qui rappelle le poignard fameux de Théophile 142. Ou bien, il prend le contre-pied de la réalité, et retourne l’image : la Muse passe
Where never Fish did fly
And witk short silver wings cut the low liquid Sky; Where Bird with painted Oars did nere
Row through the trackless Ocean of the Air 143.
Il s'inspire, nous dit-il, de modèles antiques; mais là où Virgile tempère la hardiesse de l’image par sa brièveté : .
Volat ille per aera magnum remigio alarum,
il la développe au delà de toute mesure en deux couplets symétriques.
Nous acceptons beaucoup plus facilement la suggestion rapide:
It was the time when the still Moon Was mounted softly to her Noon... 144.
ou le vers :
Words that weep, and Tears that speak 145.
Dans tous ces exemples, le contraste reste comme enveloppé. Il éclate, au contraire, dans l’antithèse. Nous savons que c’est une figure favorite de Cowley. Il excelle à traduire le choc des
141. Dav., LIL, v. 590, p. 339; IV, v. 565, p. 379; IV, v. 1028, p. 391.
142. Daw., L, v. 22, p. 242. Théophile fait dire au poignard meurtrier, dans son Pyrame et Thisbé : « I1 en rougit, le traître ! »
143. The Muse, st. 2, p. 185. Il justifie en note sa métaphore par des citations bibliques et classiques (n. 1 et 2, p. 187).
144. The Plagues of Egypt, st. 14, p. 227, où il invoque également l’expression latine « meridies noctis » (n. 1, st. 14, p. 286). Notons encore l’emploi du même procédé dans The Garden, st. 9, I, p. 427 : « The flowers of Heaven, the stars of Earth », et dans Davideis, IV, v. 828-831, p. 386.
145. The Prophet, st. 2, v. 8, p. 102. Il est intéressant de remarquer que ce balancement symétrique est une correction de 1656. La première édition de 1647 donnait : « Teares which shall understand and speak. »
idées par le rapprochement forcé de termes opposés, et les conceits antithétiques sont, à coup sûr, les plus nombreux de son œuvre. »
Du prophète Elie, il déclare :
That second Man who leapt the Ditch where all The rest of Mankind fall, And went not downwards to the skie 146.
Il se moque des hommes qui :
With Maravedies make the’ account That single Time might to a sum amount... 147.
Et de ceux qui se bâtissent des tombeaux somptueux, And by the proofs of Death pretend to Live 148. Jonathan massacre à lui seul une armée :
He grew half-dead with toil of giving death 149. Des strophes entières sont construites sur des antithèses :
What new-found Rhetorick is thine ? Ev’n thy Diswasions me perswade, And thy great power does clearest shine When thy Commands are disobey’'d.
In vain thou bidst me to forbear; Obedience were Rebellion here 150.
La plupart de ces antithèses paradoxales sont, du reste, dues à une logique très serrée : David échappe à ses ennemis :
He by wise Madness freed does homeward flee, And Rage makes them all that He seemed to be 151.
Doit-on accuser Brutus d’avoir tué César ?
Ingrateful Brutus do they call ?
Ingrateful Caesar who could Rome enthrall ! 152,