To Dr. Scarborough, st. 2, p
Heav’n contain’d Virgins oft, and will do more; Never did Virgin contain Heav’en before 180.
Souvent ses fautes de goût ont pour origine un désir de précision, louable en soi, mais désastreux quand il s'appuie non sur l’imagination, mais sur un labeur consciencieux d'analyse, et ne peut s'élever au-dessus des détails concrets. Nous avons noté les plus frappantes en étudiant les symboles et les allégories de la Davidéide, mais elles sont éparses dans toute son œuvre 181. Elles occasionnent ces chutes brusques, ces « anti-climaxes » qui gâtent ses meilleurs passages. Pourquoi, lorsqu'il décrit le char du prophète Elie passant sur la neige, ajoute-t-il :
The Wheels and Horses Hoofs hizz’d as they past them ore ? 182.
Ou, lorsqu'il pleure la mort de William Hervey, pourquoi se rappelle-t-il que les lauriers « rage and crackle » dans la flamme 183? Amoureux, il se lamente d’avoir perdu son cœur, et il nous dit :
I cry’d and hollow’d after it in vain 184.
Ainsi, de notre point de vue, son œuvre poétique trahit une inégalité de tous les instants : les trouvailles les plus heureuses voisinent avec les pires extravagances. Il n’y a pas de poème où nous ne trouvions rien à admirer; il n’y en a pas non plus qui ne prête, par quelque point, à la critique. Il n’existe entre ses bons et ses mauvais poèmes qu’une différence de degré. Cowley n’a pas créé de pur chef-d'œuvre comme Ben Jonson, Herrick, Marvell, et tant d’autres poètes , de son temps. La faute en revient, pour une large part, à la recherche du conceit. L'auteur de conceits court les mêmes dangers que l’équilibriste qui danse sur la corde raide. La chute désastreuse le guette à chaque pas. Il est difficile de trouver à l’idée un équivalent concret qui la moule exactement, et qui s’écarte assez de l’expression ordinaire pour surprendre le lecteur