‹ Abraham CowleyChapitre 336 sur 429 · Dav., I, v. 154.., p · texte numérisé non relu

Dav., I, v. 154.., p

75. La chanson de David à Saul (I, v. 482..., p. 254) et celle de David à Michol (II, v. 785..., p. 344). Vers inachevés : I, v. 142; II, v. 19, 380: IEUt v. 895; IV, v. 55, 676. 1047. Alexandrins : I, v. 60, 354, 852; II, v. 611, 718; III, v. 366, 844, 1035; IV, v. 79, 92, 143, 189, 303, 325, 333, 351, 661, 840, 922.

76. Dans l’élégsie sur Crashaw, il n’y en a pas moins de six (vers 8, 16, 34, 44, 64, 74. Dans la poésie écrite de Jersey, le dernier vers. Dans le Discours nous en trouvons quatre (II, pp. 374 et 376), un dans l’essai 10 (II, p. 454) et deux dans l’essai 11 (II, p. 460).

77. Mac Bryde en compte quinze exemples, y compris les Pindariques. Nous en trouvons cinq dans ses distiques : deux dans le Discours (IT, p. 374), les trois autres dans les Essais (un dans Of Liberty, p. 385, un dans The Country Mouse, p. 414, un dans Of Myself, p. 460).

cet instinct de liberté dont nous parlions à l'instant se donne libre cours sur un fond solide de raison, ces licences ont pour base la masse stable des distiques réguliers. Ce n’est pas sans raison que Saintsbury a rangé Cowley, dans la bataille des distiques, aux côtés de Waller et de Denham, en face de Chalkhill, de Marmion, et de Chamberlayne 78. Le distique de Cowley existe par lui-même, il forme un tout que marque une pause nette à la fin du second vers. Ses enjambements de distique à distique restent malgré tout l’exception, alors que dans le camp adverse ils sont la règle. Là réside le fait essentiel qui permet de considérer Cowley comme un des partisans du distique arrêté.

Qu'il n’ait pas cru devoir lui être uniformément fidèle, il n’y a rien là de surprenant : aucun de ses prédécesseurs, ni Daniel, ni Drayton, ni Sylvester, ni Ben Jonson, n’ayant choisi. Le distique restait chez eux à l’état indéterminé. Les grands défenseurs du distique arrêté, Waller et Denham eux-mêmes ne donnaient pas l'exemple d’une régularité absolue. Une différence sépare cependant son distique du leur : s’ils ne recherchent pas consciemment cette forme, ils la trouvent, Waller surtout, guidés par une sorte d’instinct. Cowley, nous l’avons vu, penche peut-être moins vers les cadences égales et les rythmes sans heurts, que vers la variété. Il a l'horreur innée de la monotonie et de la facilité. Aussi, tout en gardant au distique son autonomie, ne lui donne-t-il jamais l’allure calme et unie, cette « smoothness » que l’âge classique admirera tant chez Waller. Plus vraiment poète que Waller, il ne se contenterait pas de son harmonie un peu plate. Son goût est plus viril, et son couplet a souvent une vigueur et un élan, une sorte de résonance majestueuse qui annonce celui de Dryden, sans toutefois se confondre avec lui. Dryden apprendra à rester simple, tout en étant fort. Le distique de Cowley manque, comme toute sa poésie, de simplicité. Dans ce qui sera l’instrument chéri du classicisme, le défaut est particulièrement frappant. Sans le laisser très différent de ce qu’il l’avait trouvé, par ce qu'il lui ajoute de fermeté et de régularité profonde, il prépare, avant Dryden, le distique héroïque de Pope.

78. Cf. SaiNTsBuRyY. History of English Prosody, II, pp. 295-299.

Nous venons de voir poindre dans le distique de Cowley une certaine impatience des formes fixes. Son désir d’émancipation s’épanouira dans l’Ode pindarique. Mais avant de se risquer à d’audacieuses innovations, il s’est longuement appliqué aux combinaisons strophiques accoutumées.

Une fois de plus, nous nous trouvons forcé, pour caractériser cette partie de son œuvre, d’avoir recours au mot variété. Cowley expérimente sans se lasser. On pourrait parler de son « uncon- | trollable tendency to experiment » 79. Il travaille âprement à dé- | couvrir de nouvelles formes de strophes, ou tout au moins à rajeunir les vieilles par quelque côté.

Ses premiers poèmes le montrent déjà au travail. Tandis que, dans Pyramus and Thisbe, il choisit une strophe de six vers rimant abaabb 80, il s’essaye, avec Constantia and Philetus, à la strophe illustrée par Shakespeare dans Venus and Adonis 81. Dans son recueil de 1636, tout en faisant une large place au distique,

il cultive déjà la variété des types strophiques, chaque morceau ayant un type de strophe différent 82.

Mais c’est surtout dans The Mistress que sa recherche ingénieuse se donne libre cours. Les quatre-vingt quatre poèmes se répartissent en strophes de 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12 vers, sans parler des pièces en distique décasyllabiques et octosyllabiques, ou en vers inégaux ne formant pas strophe 83. Les strophes de

79. Saintsbury applique cette expression à Milton. Elle convient aussi bien à Cowley.

80. Notée par Schipper comme rare, le seul exemple qu’il en cite étant un sonnet de l’Arcadie de Sidney (Englische Metrik, vol. II, p. 555). Nous avons largement puisé, pour notre étude des strophes, dans cet utile dictionnaire de la métrique anglaise.

81. C’est la strophe de 6 vers rimant ababec (Cf. Schipper, IL, p. 611).

82. Nous trouvons la strophe de 4 vers : abab, 10, 8, 8, 10 (Ode 2, p. 60): de 6 vers : aabbec, 8, 8, 6, 6, 6, 10 (Ode 3, p. 61); la même, 10, 10, 8, 8, 6, 6 (Ode 5, p. 63); et ababcc, 8, 10, 10, 10, 8, 10 (Ode 4, p. 62); de 8 vers : aabecbdd, 10, 10, 6, 8, 8, 6, 10, 10 (A Vote, p. 48); de 10 vers : aabbcdcdee, 8, 10, 8, 10, 8, 8, 8, 8, 10 10 (An Answer to an Invitation to Cambridge, p. 66).

83. Outre les cinq pièces en distiques décasyllabiques, il y en a trois en distiques octosyllabiques: Mu heart discovered, I, p. 79; The Vain Love, p. 81; The Soul, p. 82. Not Fair est en distiques avec le mètre 108 10%82(D: 74). Nous trouvons dans le recueil une pièce en strophes de 3 vers, 12 à 4 vers ANA 5; 29/2016 MONA MOTS SERIE TURN, <

même longueur se différencient par l’agencement des rimes 84, et dans les groupes ainsi formés de nouvelles divisions sont créées par les variations des mètres 85. Si bien que la même strophe ne se trouve reproduite que très rarement dans tout le recueil, et les répétitions sont toujours variées par une altération plus ou moins sensible du mètre initial. Ainsi la strophe de quatre vers rimant abab, avec comme mètre la « common measure », 8, 6, 8, 6, figure quatre fois dans The Mistress, mais une fois seulement à l’état pur 86, Par deux fois seulement le dessin métrique est exactement le même. Mais les sujets le voulaient : à The Welcome répond The Heart fled again, à Against Hope répond For Hope. L'identité de forme accentue le contraste du thème 87. Ces exceptions prouvent donc la règle; par tous les moyens en son pouvoir, Cowley recherche la variété.

Toutefois, il adopte comme point de départ les types traditionnels, et ses strophes préférées sont encore les plus communes : strophes de quatre vers à rimes plates ou à rimes croisées, strophes de six vers, surtout, strophes de sept et de huit vers 88. Ses incursions dans les autres domaines : 9, 10, 11 et 12 vers, sont plus rares (bien que nous y trouvions, soit dit en passant, quelques-unes de ses plus heureuses trouvailles) 89, et, moins hardi que Donne, il ne s’aventure pas au-delà de la strophe de 12 vers 90. Les strophes moyennes lui suffisent. Il respecte dans l’ensemble la tradition.

84. Par exemple les 29 strophes de 6 vers comprennent 5 variétés; les 10 de 7 vers, et les 10 de 8 vers, 6 variétés chacune.

85. Dix strophes de 6 vers riment aabbcc, et nous trouvons 9 mètres. Treize riment ababcc, et se subdivisent en 12 mètres.

86. Dans Counsel, p. 139. Discretion (p. 137) a deux strophes irrégulières (st. 2 et 6); The Waiting-Maïd (p. 138) deux aussi (st. 3 et 5); et la dernière strophe comprend 6 vers au lieu de 4; The Cure (p. 139) présente la même adjonction d’un distique final.

87. Notons d’ailleurs que d’autres pièces qui se répondent tout autant ont des mètres différents : The Constant (p. 134, st. de 9 vers), et The Inconstant (p. 133, st. de 6 vers), par exemple.

88. Nous sortons désormais du cadre de The Mistress, et nous puiserons nos exemples à tous les recueils. Dans les pièces en strophes de 4 vers nous trouvons 9 fois des rimes croisées et 8 fois des rimes plates; dans les strophes de 6 vers, 11 sont à rimes plates, et 17 riment ababcc.

89. For Hope et Against Hope, par exemple, écrits en strophes de 10 vers à rimes plates.

90. Donne, dans ses Songs and Sonnettes, explore la strophe de 13 vers et, par deux fois, celle de 14 vers.

Mais, dans ces limites, il déploie toute son ingéniosité. Il repousse d’abord les strophes isométriques, formes trop simples et trop banales sans doute à ses yeux. C’est ainsi que nous né*trouvons chez lui que deux exemples du quatrain octosyllabique, le favori des poètes du temps. Encore est-ce dans ses premières œuvres, Pyramus and Thisbe et Constantia and Philetus 91. Si nous y ajoutons trois exemples de sixain décasyilabique (dont deux dans ses poèmes de jeunesse) 92 quatre de sixain octosyllabique (dont deux comportent des variations en heptasyllabes) 93, et un de huitain octosyllabique 94, nous aurons épuisé la liste des strophes isométriques de Cowley.

Parmi les strophes anisométriques qui constituent son domaine préféré, il s’écarte aussi des formes trop communes. Dans les strophes de 4 vers, il n’utilise la célèbre « Poulter’s measure », et, comme nous l’avons déjà dit, la non moins célèbre « common measure », qu’en y introduisant des irrégularités qui les arrachent à la banalité 95.

Et cependant ses variations sont rarement audacieuses. Elles consistent la plupart du temps dans un assemblage nouveau de mètres voisins : soit de vers de dix et huit syllabes, soit de vers de huit et six syllabes. L'union de vers de dix et six syllabes est rare %6. Mais, à ces minutieuses découvertes, Cowley prend un plai-

91. Dans Pyramus, The Song, v. 109. (II, p. 35); dans Constantia, The Song, v. 507... (IT, p. 24), et même ici le poète varie, les strophes 1 et 3 ayant pour mètre 8, 6, 8, 6.

92. Ce sont : To his Godfather, II, p. 53, et Constantia. Le troisième exemple est dans The Mistress : My Fate, p. 125.

93. Ce sont Clad all in White, p. 77; Counsel, p. 94, réguliers; Honour, p. 144, et The Chronicle, p. 39, mélange de vers de 8 et 7 syllabes.

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