‹ Abraham CowleyChapitre 347 sur 429 · Préface au vol. de 1656, p · texte numérisé non relu

Préface au vol. de 1656, p

15. À Discourse…., II, p. 345, 1. 25. Cf. aussi Préf., I, p. 13, 1. 2Æ07%es parenthèses abondent dans sa prose; en voici un exemple : « He professes too much the use of Fables (though without the malice of deceiving) to have his testimony taken even against himself » (Préf. au vol. de 1656, p. 10, 1. 20). Cf. ibid., p. 8, 1. 26, p. JAITONLT

pronoms relatifs, des « and », des « for », des « but », qui ponctuent la démonstration, non sans lui donner quelque DESAN IR En voici un exemple très modéré :

I come now to the last Part, which is Davideis, or an Heroical Poem of the Troubles of David; which I designed into Twelve Books; not for the Tribes sake, but after the Pattern of our Master Virgil; and intended to close all with that most Poetical and excellent Elegie of Davids on the death of Saul and Jonathan : for I had no mind to carry him quite on to his Anointing at Hebron, because it is the custom of Heroick Poets (as we see by the examples of Homer and Virgil, whom we should do ill to forsake to imitate others) never to come to the full end of their Story; but onely so near, that every one may see it; as mer commonly play not out the game when it is evident that they can win it, but lay down their Cards, and take up what they have won 16.

La phrase devient sinueuse et lente. Elle ne forme plus, comme la période, un ensemble cohérent dont les diverses parties se subordonnent à un centre, mais une suite de propositions juxtaposées dont chacune pourrait être indépendante, si elle n’exprimait un fragment de la pensée complexe de l’auteur. Il semble ne pas distinguer entre la phrase et le paragraphe, et prendre à tâche de faire contenir entre deux points toute une étape de sa pensée. La phrase ne s’arrête que l’idée une fois exprimée en entier, précisée dans tous ses détails. On sent que l’auteur a beaucoup de choses à dire, et qu’il veut les dire en une fois. Il n’y réussit qu’en sacrifiant, non la clarté, mais l’équilibre, la netteté. Sa phrase, alors, n’a plus de centre, elle va un peu au hasard, souple comme l’idée, sans cesse arrêtée et repartant sans cesse.

But TI take this to be the rule in the case, that when we fix any infamy upon deceased persons, it should not be done out of hatred to the Dead, but out of love and charity to the Living, that the curses which onely remain in mens thoughts, and dare not come forth against Tyrants (because they are Tyrants) whilst they are so, may at least be for ever setled and engraven upon their Memories, to deterr all others from the like wickedness, which else in the time of their

16. Préface au volume de 1656, p. 11, 1. 21... Cf. aussi la fin de la Préface aux Odes pindariques, p. 156.

foolish prosperity, the flattery of their own hearts, and of other mens Tongues, would not suffer them to perceive 17,

Cette phrase, prise parmi bien d’autres aussi significatives, révèle les qualités et les défauts de cette prose de Cowley : une analyse ingénieuse, toute en distinctions et en détours imprévus y trouve son expression fidèle: mais la forme peine sous le fardeau; trop de détails empâtent son profil, en font une masse pesante.

Même lorsqu'elle s’équilibre mieux, la période garde cette allure de complexité un peu gauche :

I have often observed (with all submission and resignation of spirit to the inscrutable inysteries of Eternal Providence) that when the fulness and maturity of time is come that produces the great confusions and changes in the World, it usually pleases Gcd to make it appear by the manner of them, that they are not the effects of humane force or policy, but of the Divine Justice and Predestination, and though we see a Man, like that which we call Jack of the Clock-House, striking as it were, the Hour of that fulness of time, yet our reason must needs be convinced, that his hand is moved by some secret, and to us who stand without, invisible direction 18.

Nous ne voulons pas dire que toute la prose de Cowley soit bâtie sur ce modèle, mais seulement que ce manque de fermeté et d'équilibre en est le défaut le plus apparent.

A la vérité, Cowley portait en lui le remède, et il l’a même appliqué, dans un certaine mesure, et plus ou moins consciemment. Le besoin d’ordre et de clarté que nous avons tant de fois rencontré dans son œuvre s'exerce naturellement sur sa prose. Et de même que ce besoin est devenu de plus en plus net et impérieux, il est possible de constater dans la construction de la phrase un allègement progressif. Entre les premières préfaces et les Essais, une évolution se dessine, qu’on ne saurait méconnaître. Il ne faudrait pas non plus l’exagérer, et prétendre découvrir entre les unes et les autres des différences essentielles. Cowley n’a pas, à notre sens, changé de manière aussi complètement qu’on l’affirme

17. À Discourse.…., I, p. 350, 1. 29... Cf. aussi dans la Préface au vol. de 1656, p. 11, 1. 21..., son explication de la Davidéide : les divers membres de phrases s’emboîtent pour ainsi dire les uns au bout des autres.

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