CHAPITRE PREMIER
Au premier rang de ces influences, nous trouvons celle de l’Antiquité. A Westminster School et à Cambridge, il s’est imprégné de culture antique. La littérature grecque et surtout la littérature latine ont été les vraies nourrices de son esprit. Il porte en lui, dès l’enfance, le rêve des félicités élyséennes 1. Son premier grand poème, Pyramus and Thisbe, est un pastiche d’'Ovide. Virgile Horace, Homère, sont ses maîtres autant qu'Osbaldeston et Jordan. Les années n’attiédiront pas le culte qu’il leur voue avec un enthousiasme juvénile. Sa plus chère ambition sera toujours de marcher sur leurs traces. Une admiration profonde fait de lui le disciple respectueux de l’art et de la pensée antiques.
Au point de vue artistique, Virgile est son dieu. Il se fournit de préceptes généraux chez Aristote, mais c’est chez Virgile qu'il puise les règles précises et ies exemples dont il s’autorise. Nous l’avons vu çalquer sur l’Enéide sa propre Davidéide, aussi bien pour la conceptidn de l’ensemble 2 que dans l’exécution des moindres détails 3. Et l’on ne peut dire qu’il explique ses imitations d’une manière rationnelle. L’aveugle respect qu'il professe pour Virgile touche à l’idolâtrie.
Il adopte dans l’ensemble, quoique avec plus de modération, la même attitude vis-à-vis des autres grands classiques. Il déclare hautement :
Je ne reconnais pas seulement la prééminence de Virgile (dont j'adore les pas), mais je me soumets à beaucoup de ses frères ramains. 4.