VENN. Op. cit., I, p
19. De Vita et Scriptis A. Couleii, Vie de Cowley écrit par Sprat en latin comme préface aux Poemata Latina de 1668, que développe la biographie anglaise. On y trouve quelques précisions intéressantes.
I devrait maintenant, pour suivre jusqu’au bout la carrière académique, assister pendant cinq nouveiles années aux exercices publics où il jouerait désormais le rôle d’arbitre et de conseiller des orateurs aux prises (moderator) ; sept ans après avoir conquis le titre de Maître ès arts, il recevrait celui de Bachelier en théologie, et cinq ans plus tard, toujours à la condition de résider à Cambridge et de prendre sa part du travail de l’Université, le titre suprême de Docteur en théologie 20. Mais, comme nous le verrons, les événements interrompirent prématurément pour Cowley cette longue carrière universitaire.
Sa carrière de membre du collège s’est, cependant, développée suivant une courbe favorable. Le 30 octobre 1640, il a été choisi « Minor fellow »; et le 26 mars 1643 « Major fellow » 21, Mais il n’a pas profité des avantages matériels de son rang, car le collège, pour s'assurer le service des boursiers de mérite, n'hésitait pas à les nommer fellows par anticipation, sans qu’il y eût de vacances, en leur faisant promettre de ne rien réclamer au collège tant qu'ils ne pourraient pas être officiellement installés dans leur charge 22. Abraham, nommé dans ces conditions attend encore sa place en 1643, ainsi que le prouvent les registres de l’économe. Son titre seul a changé : il touche toujours ses trois shillings quatre pence par trimestre, et, quand, de « Discipulus Cowley », il devient « Mr. Cowley », la somme que lui paie l’économe reste la même 23. (Comme le fait remarquer A. H. Nethercot, il a dû toucher vers 1639, en arrivant à sa majorité, les cent quarante livres que son père lui avait léguées.)
Mais cette question matérielle n’a pas une grande importance pour lui. Dans tous les cas son avenir est assuré, et si, au bout de sept ans, il entre dans l’église anglicane, il pourra conserver son fellowship, et rester à Trinity College jusqu’à sa mort; et puis, si quelque jour il quitte l’Université, il n’aura pas à regretter les années de travail qu'il y a fournies, car ces études nouvelles ont élargi son horizon intellectuel en même temps qu’elles augmentaient ses connaissances livresques.