Voir plus bas, p
39. VENN. Op. cit. p. 127, et Retrospective Review, XII, p. 56. 40. Retrospective Review, XII, p. 14.
l’année même de l’entrée de Cowley à Trinity nous en donne une idée 41. Un certain nombre de « fellows », « maîtres ès arts », « fellow-commoners », donnent l’exemple de l’indiscipline et préfèrent la taverne à la chapelle. Les étudiants arborent des costumes de haute fantaisie; ils ne portent pas la toque et la robe obligatoires, ou s'ils le font c’est au mépris des statuts, car au lieu d’être noires ou violet foncé (la couleur de Trinity) leurs robes sont de toutes les couleurs : bleues, vertes, rouges. Le reste de leur costume est à l’avenant : les uns portent des bottes ornées d’éperons, d’autres des bas de diverses couleurs et des nœuds de rubans sur leurs chaussures, d’autres encore arborent de larges fraises et des manchettes de dentelle. Le vendredi, au lieu d’observer le jeûne, ils remplissent les auberges, et les « tutors » qui gardent leur argent leur en donnent ce jour-là deux fois plus que les autres jours. En tout temps, le service de l'église de l’Université est honteusement raccourci par le maître qui en est chargé. Dans la chapelle de Trinity, le chœur ne sait pas son métier et d’ailleurs il est réduit par l’attribution illégale de places aux « dry choristers ».
La discipline est si relàchée, que, dès 1630, des ordonnances royales ont dû interdire l’accès des tavernes aux membres de l’Université, et les mariages entre étudiants et femmes de la ville. A l’occasion de la visite royale de 1632, les autorités universitaires sont obligées de prendre leurs dispositions pour que la tenue et le costume soient corrects. En 1636, il est nécessaire d'interdire à nouveau le port des cheveux longs, et de rappeler que les femmes affectées au service intérieur du collège doivent avoir plus de cinquante ans et être dépourvues de charmes physiques 42.
Le maître qui dirige le collège lorsque Cowley y est admis essaie bien de réagir vigoureusement et de rétablir l’ordre et la discipline, mais que ses efforts n’aient pas eu tous les résultats qu’il pouvait en escompter, c’est ce que prouve le rapport de police que nous citions tout à l’heure. L’irréligion et l’immoralité qui sont dénoncées devaient froisser le pieux et sage Abraham.