‹ Abraham CowleyChapitre 48 sur 429 · John SHERMAN. À Greek in the Temple · texte numérisé non relu

John SHERMAN. À Greek in the Temple

45. Le Roï a la petite vérole en 1632 : paraît le recueil Anthologia in Regis exanthematha.… Il revient d’Ecosse en 1633 et il est accueilli par le recueil Rex redux.… La naissance du duc d’York en 1634 est saluée par le: Ducis Eboracencis…, celle de la princesse Elisabeth, l’année suivante, par le : Carmen natalitium... Celle de la princesse Anne, en 1637, par le : Synodia.…. Celle du prince Henry. en 1640, par le : Voces Votivae… Le retour du Roi de l’expédition d’Ecosse, en 1641, par : Trenodia Cantabrigiensis.

De son côté, le roi, sentant toute la force que représente pour lui l’appui de l’Université, se montre plein de prévenances et de faveurs à son endroit. Il lui fait de fréquentes visites : n'est-ce pas le meilleur moyen de lui prouver son estime, comme aussi celui d'entretenir son loyalisme ? Charles I et Henriette-Marie y passent en mars 1632; le prince Charles y revient en mars 1642, et son père s’y arrête la semaine suivante 46.

Au point de vue politique comme au point de vue religieux Cowley a donc trouvé à Cambridge une atmosphère nouvelle. Au lieu de l’unité de vues religieuses de l’école, l’Université lui presente le spectacle de la plus grande diversité; à côté de l’attitude modérée, libérale, qui lui rappelle celle de Williams et d’'Osbaldeston, il peut voir les agitations des extrémistes, ceux-ci tout près du mysticisme, ceux-là farouches disciples de Calvin. A Trinity, cependant, l’influence du Master, Thomas Comber, s'exerce dans le sens de l’orthodoxie raisonnable, et Cowley la subit sans doute volontiers comme étant celle qui s’accorde avec ses opinions antérieures et qui concilie le mieux son désir de liberté et son besoin d'ordre.

Par contre, au point de vue politique, la voix du libéralisme qu'il avait entendue à Westminster se tait; le loyalisme ardent, fanatique chez beaucoup, y a seul la parole. Cowley est fatalement amené à évoluer dans ce sens, et son loyalisme s’accentue au cours des dernières années de son séjour. Le thème et le ton de la comédie qu’il écrit au début de 1642 : The Guardian, en témoignent 47. Mais, comme nous serons amenés à le voir, il y montre moins ses véritables opinions politiques que son opportunisme; sur ce point comme sur les autres, il se préoccupe de ne pas entrer en conflit avec les opinions régnantes.

Sa faculté d'adaptation à son milieu, sa soumission facile à la règle, expliquent certainement en grande partie l’accueil que le collège fait à Cowley. Il n’a pas grand effort à faire pour réussir

46. Cooper. Annals…., III, pp. 249 et 323; Archeologia, vol. XVIIE, p. 30. 47. Voir plus bas, p. 67.

à l’Université, et son ardeur au travail, l’éclat de ses premières œuvres, s’ajoutant à sa docilité, nous le voyons sans surprise traité par ses maîtres de Cambridge aussi bien qu’il l’avait été par ceux de Westminster.

Nous ne savons rien de Williamson, son tutor, mais le Master, Thomas Comber, a dû, étant donné ce que nous connaissons de sa personnalité et de ses goûts, lui rappeler Osbaldeston, et jouer auprès de lui le même rôle bienfaisant. Au moment où Abraham entre au collège, Comber s’efforce de faire revivre la discipline et la morale anciennes, réprimant avec énergie la licence des mœurs, procédant aux élections des fellows avec justice, se préoccupant de faire tenir à jour le registre d’entrée des étudiants. Sa fermeté et son sens de l’ordre s’unissent, au point de vue religieux, à une grande modération, et, en matière d'éducation, il se montre aussi moderne de tendances que le directeur de Westminster school. Lui-même lettré accompli, puisqu'il possède non seulement le latin, le grec, et l’hébreu, maïs encore le français, l'italien, l’espagnol, et connaît même les langues orientales, il fait dans l’enseignement du collège une plus grande place à l'étude des langues modernes et des lettres pures, et favorise le développement des talents littéraires naissants 48.

Cowley a été sans nul doute un de ses élèves favoris. Les mesures prises en sa faveur à son entrée dans le collège prouvent l’intérêt que le maître porte au jeune poète, et ce dernier lui dédie très respectueusement sa comédie latine Naufragium Joculare 49. Sprat nous parle, par ailleurs, de l’estime où le tenaient les membres les plus considérables du collège, en particulier Thomas Fotherby, maître ès arts depuis 1632, oncle de ce Martin Clifford qui va devenir un des amis les plus fidèles de Cowley 50. La protection de Fotherby semble avoir été précieuse pour Abraham qui lui en gardera une reconnaissance assez vive pour lui léguer par son testament la somme de cent livres (le plus impor-

Page 1